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Les chroniques de MacKayla Lane – tome 2 Fièvre Rouge de Karen Marie Moning :

Titre : Les chroniques de MacKayla Lane – tome 2  »Fièvre Rouge »

Titre original : Fever, book 2 : Bloodfever

Auteur : Karen Marie Moning

Traduction de l’américain par Cécile Desthuilliers

Edition J’ai Lu, 2007

Résumé :

 » Je suis une sidhe-seer, une humaine capable de voir les faës, ces effrayantes créatures d’un autre monde installées parmi nous depuis des millénaires et dissimulées sous des voiles d’illusion. Mon univers a commencé à se fendiller à la mort de ma sœur, et j’ai l’impression que, depuis, il n’en finit plus de s’effondrer. Je ne parle pas seulement de mon petit monde personnel : il s’agit aussi du vôtre.

Les murs entre humains et faës sont en train de s’écrouler. Et je suis la seule à pouvoir nous sauver.  »

Mon avis :

Il y a quelques mois j’ai lu le 1er tome Fièvre Noire ( chronique ici ), qui m’avait particulièrement emballé de par une mythologie très innovante, qui n’avait pas fini de dévoiler ses mystères. Le secret de l’origine de Barrons très bien gardé, la suite de la quête de l’assassinat d’Alina, alignée à la découverte de la véritable nature de Mac, me donnaient envie de continuer mon voyage initiatique dans les rues sombres de Dublin et dans la magnifique librairie de Barrons.

Depuis, ce 2eme tome dormait tranquillement sur mes étagères, me faisant de l’œil à chaque fois que j’y posais les yeux, si bien que je l’ai sorti pour passer un moment avec Barrons, mais pas que !

( attention risque de spoilers )

L’histoire reprends quelque jours seulement après les derniers événements du tome 1, Mac est toujours à la recherche de l’assassin de sa sœur, mais également de ses origines de sidhe-seer. Barrons est toujours auprès d’elle, afin de la sortir de nombreux pétrins, ainsi que le légendaire faë de volupté fatale : V’lane ! Mais ici Mac est au prise avec un bon gros méchant, qui va lui donner du fil à retordre…

Je dois avouer que je me suis rafraîchis la mémoire en relisant le lexique, présent à la fin du roman, afin d’aborder ce deuxième tome avec tous les détails de l’univers en tête. Petit bémol, certains termes ne sont pas présents dans le tome 1, mais dans ce tome-ci. J’ai appréciée que l’auteur prenne parfois le temps, en quelques petites phrases, de nous restituer les faits qui se sont produits auparavant. Ce qui est très agréable, sans pour autant être une perte de temps, car les personnes qui comme moi, ne lisent pas les tome à la suite, sont parfois un peu perdus. Ici, pas du tout ! Nous avons l’impression de retrouver la situation telle quelle.

En ce qui concerne les personnages, nous rejoignons une Mac un peu transformée : moins superficielle, elle comprends que les enjeux sont importants et que ce n’est pas du chiqué. Elle prends ses responsabilités à bras le corps et même si, elle nous le dis clairement, déteste cette nouvelle vie, elle est bien obligée de s’y faire une petite place, si elle ne veut pas voir le monde sombrer dans le chaos. Elle nous avoue qu’elle n’est plus certaine de ce en quoi elle croyait si fort, les bases de son univers s’effondrent. J’ai aimée cette franchise, cette fragilité, car la plupart des héroïnes de bit-lit font les fiers, elle, reste humaine. Il est peut-être plus facile de se sentir proche d’elle par cela.

Barrons, lui, est toujours aussi énigmatique… Je crois que c’est le mot qui convient. Nous ne savons toujours pas qui il est, ni ses réelles motivations. Il devient encore plus ambiguë, et nous basculons sans cesse du mal au bien, avec lui ! Mais chaque petit indice laissé, est une vraie pépite d’or pour la suite =) Il donne encore l’impression d’utiliser Mac pour son profit personnel, mais il semble avoir encore plus de corde à son arc que nous le pensions. Alors à quoi peut lui servir Mac, qu’il semble vouloir garder à tout prix auprès de lui ! Heum anguille sous roche, surtout qu’ils se l’avouent eux même, ils n’ont absolument pas confiance l’un en l’autre, et seraient prêt à tuer l’un si l’autre en venait à la trahison ! Autant dire que leur relation est telle une cocotte minute, remplie de sensualité retenue, de combats mortels, et de non-dits !

Nous en apprenons plus dans ce tome ci sur la mythologie de l’univers, toujours au contact de Barrons, qui distille ces informations au compte goutte, mais également à travers le faë de volupté fatal, V’lane. Ce dernier lui explique certaines particularités du monde des faës, que Barrons passent sous silence, ce qui le rends encore plus obscure. Cette mythologie est vraiment très intéressante, plus on en découvre, plus en à envie de plonger tout entière dans ce monde ! Je déplore par contre, que nous n’ayons pas plus d’extraits du journal de Mac, puisque cela restituait tout de même très bien ces sentiments et nous permettait de comprendre et suivre avec elle ses premiers pas dans l’univers sombre de Dublin.

Mais le gros bonus du roman est le fait que Mac en découvre plus sur ses origines de sidhe-seer, sur lesquelles Barrons ne peut la renseigner. Il n’est donc pas tout puissant et ne sait pas tout, ce qui peut-être un avantage pour notre héroïne, comme un inconvénient, car elle est encore novice. Ces parties sur la naissance du clan sidhe-seer sont très intéressantes, car Mac hésite finalement entre deux clans, et les pions sur l’échiquier ( comparaison de Mac elle-même ), se font de plus en plus nombreux, avec l’arrivée de personnages secondaires. Ces derniers sont présentés partiellement, car l’on sent qu’ils vont prendre une part importante dans la suite des événements, et qu’ils sont tous plus ou moins en demis-teintes, à la fois bon et mauvais. J’aime cette complexité, qui ne réduit pas l’histoire à une simple quête du bien contre le mal. Même si le gros du roman est manichéen, tout est plus ou moins teinté de nuances, comme nous le fait comprendre Mac, d’où sa difficultés à savoir à qui se fier.

L’intrigue, quand à elle, comporte plus d’actions, du moins les choses avancent plus rapidement, et je n’ai pas ressentis de facilités à la résolution des péripéties, comme dans le tome 1.

Les personnages sont plus mystérieux les uns que les autres, les créatures sont effrayantes et particulièrement originales, le monde et les actions sont plus développées. Un tome qui nous plonge réellement dans l’univers créer par l’auteur, et qui nous donne vraiment envie de savoir ce que la suite nous réservera.

L’écriture de Karen Marie Moning est toujours un réel plaisir à lire ! C’est fluide, plus directe que dans le premier tome, même si nous avons encore quelques digressions sur les faits quotidiens de Mac et ses tenues. L’humour y est toujours présent, et je le répète cela ajoute considérablement à l’histoire. Je me suis surprise à rire à plusieurs reprises, toute seule dans mon appart, et cela fait vraiment du bien, après une journée de cours !

J’ai passée un excellent moment, les petits points négatifs du premier tome, se trouvent ici plus atténués. L’intrigue commence vraiment à se former, et le développement de l’univers ainsi que les personnages sont très agréables à suivre, car le suspense est toujours très bien conservé, tout en nous dévoilant tout de même suffisamment d’indices pour ne pas perdre d’attrait.

  • Points positifs : l’action y est plus présente, les personnages commencent à se révéler ainsi que la mythologie de l’univers, de nouveaux personnages font leur entrée
  • Point négatif : peut-être encore un peu trop de détails sur les tenues et fait quotidiens de Mac, mais cela est moins présent que dans le tome 1

Extrait :

Barrons et moi avions notre façon à nous de communiquer. Nous tenions des conversations silencieuses lors desquelles nous pouvions exprimer par le regard tout ce que nous ne formulions pas à haute voix, et nous nous comprenions à la perfection.

 » Si vous massacrez un autre de mes tapis de collection, j’aurai votre peau, s’abstint-il de rétorquer.

Je ne peux pas vous empêcher de fantasmer, ne répliquai-je pas.

Je n’ai que faire d’une gamine comme vous dans mon lit, mademoiselle Lane, garda-t-il pour lui.

Rassurez-vous, ne répondis-je pas. Même si c’était le seul endroit dans tout Dublin à l’abri du Haut Seigneur, ne je voudrais pas y aller !

– Vous pourriez bien finir un jour par changer d’avis sur ce point.

Il avait parlé d’une voix si basse qu’elle en était presque inaudible, mais si rauque qu’un frisson nerveux me parcourut.  » ( p. 92 )

Petit plus : Le titre du premier tome vient de la colère de Mac à propos de l’assassinat d’Alina, et celui-ci évoque la vengeance à laquelle Mac aspire. (  » S’il tuait sans moi celui qui avait tué ma sœur, je le tuerai ! La fièvre noire que j’avais contractée la nuit de mon arrivée à Dublin avait pris une nouvelle forme, celle d’une fièvre rouge – de la couleur du sang que je brûlais de verser en mémoire de ma sœur.  » p. 232 )

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L’enfant du Titanic de Leah Fleming :

Titre : L’enfant du Titanic

Titre original : The Captain’s Daughter

Auteur : Leah Fleming

Édition France Loisirs, 2012

Résumé :

 » Pendant le naufrage du Titanic, deux femmes se lient d’une profonde amitié, au-delà des drames et des secrets…

10 avril 1912 : le majestueux paquebot Titanic quitte le port de Southampton. Destination : New York. A son bord, May Smith, passagère de 3e classe, son mari et leur bébé. Comme beaucoup d’autres, le couple part tenter sa chance en Amérique. Parmi les voyageurs de 1ere classe, Celeste Parkes rentre chez elle en Ohio le cœur serré. La jeune femme n’a osé avouer à personne la vérité sur l’homme qu’elle à épousé…

Mais le naufrage du Titanic va tout changer. Rescapées, May et Celeste vont se retrouver liées à jamais. Après avoir survécu à l’horreur, comment Celeste réussira-t-elle à prendre son destin en main ? Quant à May, la décision qu’elle a prise en secret cette nuit-là bouleversera sa vie et celle des générations à venir…  »

Mon avis :

N’étant pas très convaincu par cette histoire, j’étais plutôt sceptique quant à cette lecture. Ce concentrer sur le Titanic n’est il pas une chose particulièrement risquée, de part la popularité du naufrage ? Il faut pouvoir créer une intrigue originale qui tienne la route.

Autant vous dire que je ne comptait pas le lire, mais lorsqu’une collègue de ma mère lui à prêtée et qu’elle m’a dit, après la lecture que c’était une très belle histoire d’amitié et de courage féminin, traversant l’histoire avec un grand H, j’étais plutôt intriguée. Ni une ni deux, avant de reculer, je me suis plongée dans ce récit passionnant.

L’histoire commence par l’embarquement du paquebot le Titanic. D’un côté, May Smith et son mari, en compagnie de leur enfant Ellen, espèrent trouver un foyer digne de ce nom, dans le Nouveau Monde, afin de faire fortune. Ils embarquent en 3eme classe. De son côté, voyageant en 1ere, Celeste Parkes, rentre chez elle, après avoir assistée aux funérailles de sa mère.

Mais suite au naufrage, les deux femmes vont lier leurs destins à jamais. Celeste va-t-elle s’affranchir de son mari et May trouvera-elle le courage de révéler son secret ?

Au départ, je n’ai cessée de faire des parallèles entre le récit et le film de James Cameron. En effet, l’auteur reprend ce qui à fait le succès du paquebot. Tel que l’intégration d’une anecdote sur la fameuse grande horloge, en haut de l’escalier, la figure de la célèbre Molly Brown ou encore la comparaison du personnage de Céleste avec Rose Dewitt Bukater, puisqu’elle semble rentrer chez elle comme enchaînée. Le naufrage est également très bien traitée, retranscrivant l’incompréhension des passagers face au nombre insuffisant de canots. Ici par contre, les spéculations sur les intentions du capitaine sont beaucoup plus étendues, en en faisant un des enjeux importants du livre.

Mais suite au naufrage nous nous écartons complètement du film, pour entrer dans une histoire original à part entière. Nous nous concentrons ensuite sur May et Celeste, qui vont se retrouver unis, par l’horreur du sinistre, aux prises avec un immense secret pour l’une et des difficultés de la vie conjugale pour l’autre. Leur amitié se développe par les lettres qu’elles s’écrivent, et nous voyons que même deux amies peuvent se cacher des choses. Un fossé est alors décrit entre leur vies et leurs missives.

Cette aspect de l’écriture comme fictive, est assez bien pensée. Car ne demandons nous pas à la littérature de nous écarter de nos vies et de nos soucis ?

Parlons histoire avec un grand H désormais : parce que ce livre outre une histoire d’amitié est une rétrospective historique sur une large période, qui couvre divers points de vues et prises de positions afin de nous faire balayer le plus de visions possibles. Oui, parce que dans la vie on est dans un camp comme dans l’autre, et pas forcément dans celui que la postérité appellera  »gentil ». Les circonstances extérieures sont bien souvent déterminés par un lieu et une famille.

Ici, c’est la même chose, l’auteur nous plonge dans l’histoire des suffragettes ( oui nous sommes dans un livre où la plupart des protagonistes sont des femmes ), dans l’horreur de la première guerre mondiale et de la seconde ainsi que leurs conséquences économiques et familiales. Les générations se succèdent, et les caractères de ces femmes évoluent avec le temps. J’ai appréciée que parfois les conflits de génération voient le jour, ainsi nous avons l’impression d’entrer de plein pieds dans la réalité des familles de cette époque.

Les nombreuses ellipses ne nous font pas perdre le fil, puisqu’à chaque début de chapitre le lieu et la date sont indiqués et un résumé est fait des années précédentes. Parfois j’aurais aimée que ces bonds dans le temps soient un peu moins longs, mais au final on ne perd rien, et nous laissons les pages défilées avec joie.

Les périples des personnages nous les rendent très attachants, puisqu’à travers une narration à la troisième personne et une focalisation interne, nous connaissons tous les tenants et aboutissants, toutes les pensées des personnages, et l’auteur peint à merveille une réalité concrète. Son styleest très fluide, directe, mais parallèlement elle a su très bien nous perdre dans un imbroglios de questions, de situations qui nous semblent ne jamais se résoudre. Et c’est seulement à la toute fin que nous prenons la mesure de ces petits détails, parcheminés au fil du roman. Je dois avouer que je suis impressionnée par la façon dont il est construit.

Certes la fin est attendue, mais il n’en reste pas moins que l’histoire n’est pas banal, et qu’il fallait arriver à créer quelque chose à partir d’un fait qui à eu autant de succès et de spéculations.

Si je n’avais écouté que mon premier avis, qui était que je ne trouverai jamais de l’originalité dans ce roman, je serai vraiment passée à côté de quelque chose.

  • Points positifs : une intrigue original, une écriture directe et fluide, des personnages attachants
  • Points négatifs : certains personnages ne sont peut-être pas assez développés

Extraits :

 » Tout ce qu’il espérait désormais, c’était ne pas avoir perdu l’amour de sa mère. Elle lui avait dit un jour que l’amour était pareil à une coupe sans fond, à laquelle on pouvait boire à profusion sans qu’elle tarisse jamais. Il espérait que c’était vrai.  » ( p. 346 )

 » Mais le chagrin, avait dit quelqu’un, était pareil à un locataire envahissant qui accapare toute la place devant la cheminée et vous empêche de vous réchauffer. On se résignait à enfiler un chandail de plus pour ne pas grelotter.  »( p. 558 )

L’auteur :

Leah Fleming est Anglaise, diplômée de l’Université de Leeds. Mariée et mère de quatre enfants, elle partage sa vie entre l’Angleterre et la Crète.  »L’enfant du Titanic » est son septième roman, le premier publié en France.

Petit plus ; allez lire l’avis d’Herbe Folle qui parle très bien du livre…

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Hamlet de Shakespeare :

Titre : La tragique histoire d’Hamlet, prince de Danemark

Titre original : The tragical history of Hamlet, prince of Danemark

Auteur : Shakespeare

Traduit de l’anglais par Jean-Michel Depras

Edition folio théâtre, 2004

 

Résumé :

 » Il s’agit de la plus longue et l’une des plus célèbres pièces de William Shakespeare. La date exacte de composition n’est pas connue avec précision ; la première représentation se situe sûrement entre 1598 et 1601. Le texte fut publié en 1603. Le roi du Danemark est mort récemment ; son frère Claudius l’a remplacé comme roi, et moins d’un mois après avoir épousé Gertrude, la veuve de son frère. Le spectre du roi apparaît alors, et révèle, à son fils, qu’il a été tué par Claudius. Hamlet doit venger son père, et, pour mener à bien sa tâche, simule la folie. Mais il semble incapable d’agir, et, devant l’étrangeté de son comportement, l’on en vient à se demander dans quelle mesure il a conservé sa raison.  »

Mon avis :

J’ai depuis longtemps l’envie de me plonger dans l’immense œuvre de se maître de la littérature anglaise : Shakespeare. Et par un heureux hasard, cette année, pour mon cours d’histoire du théâtre, le programme s’articule autour de celui-ci !

J’ai donc commencée mon immersion avec  »Hamlet » et son fameux monologue  »être ou ne pas être ».

Ici Hamlet, notre personnage principal, est confronté à la mort de son père, mais également au remariage de sa mère, avec son oncle, Claudius. Ce dernier offense Hamlet, en l’accusant de  »ne pas souffrir en homme », sa mère même lui enjoue de remonter la pente au plus vite, puisque  »tout vivant doit mourir ». Mais lorsque le spectre du défunt roi apparaît, et expose les raisons de son assassinat, par son frère, Hamlet sait que plus aucun revirement ne sera possible, et qu’il est condamner à choisir entre la vengeance que lui demande son père, et celle de connaître réellement la vérité.

Il voue un dégoût et un mépris sans borne au comportement de sa mère, ce qui le conduit à un plaidoyer très virulent contre les femmes : pour lui elles rendent les hommes mauvais, car elles sont  »fourbes ». Le mariage est une farce, uniquement fait par intérêt.

Plus d’une fois, cette haine contre sa mère, l’emportera sur son amour pour la belle Ophélie, et à travers elle, il s’adressera à sa mère.

Il y a un premier thème que nous pouvons évoquer pour  »Hamlet », est que la mort y est présente de différente façon en tant que fil rouge de la pièce. Cette dernière est une réflexion sur la place de la mort dans la vie. Hamlet, à la fin du monologue  »être ou ne pas être », conclu que la mort n’est pas  »un pays lointain dont nul voyageur ne revient », mais qu’elle appartient à l’espace des vivants.

La mort est incarnée dès la scène 1, de l’acte 1, par le spectre du défunt père d’Hamlet, le Roi. Mais là encore, la présence d’un fantôme, donc de la mort, n’est pas perçu de la même façon pour tout le monde. Par exemple, Horacio, n’y croit pas et nomme le spectre :  »la chose », puisque c’est un érudit, il revient avec Hamlet d’ailleurs, de l’université de Wittenberg.

A l’époque de Shakespeare, le nouveau Testament paraît, et le Purgatoire n’y fait plus figure. Alors la croyance populaire voulait que si l’on voit un mort, se soit une hallucination ou une farce du Diable, c’est l’explication du fait qu’Horacio soit septique et qu’Hamlet, suite à la demande de vengeance de son père, mette 4 actes à prendre une décision.

Dans les monologues d’Hamlet nous le voyons hésiter et ne savoir quel parti prendre, accepter le possible retour d’un mort et se venger, ou ne rien faire au risque de laisser passer un acte punissable, en une forme de pouvoir pour le meurtrier : nous assistons au doute de sa pensée, et à ses réflexions sur la mort.

Dans son premier monologue ( acte 1, scène 2 ), Hamlet fait un éloge du suicide, en regrettant que la morale religieuse interdise cet acte. Il rêve de disparition, puisque la mort est envisagée comme lointaine. A ce moment-là, il pense que la vie et la mort sont deux choses fondamentalement séparées, ainsi il regrette d’être parmi les vivants.

Mais dans son second monologue ( acte 3 ), le fameux  »to be or not to be », il expose une évolution de sa pensée, par les images qu’il exprime. La mort est désormais envisagée comme un sommeil.

Et enfin dans son troisième monologue ( acte 5, scène 1 ), il réalise que la vie et la mort ne sont pas séparées, en regardant le crâne de Yorick. Ce qui lui fait comme un électrochoc, c’est lorsque le fossoyeur lui dit que le pourrissement du corps commence même lorsque l’on est en vie, donc la mort habite la vie. L’existence humaine est un mouvement sans fin, la vie et la mort sont mêlées et on ne peut les séparer, car la vie est une forme de mort recyclée qui à continuée à se transformer et est revenu sous une autre forme.

Hamlet ayant peur de tuer Claudius, l’assassin de son père, c’est après avoir compris que la mort n’est rien puisque mort et vie sont semblables qu’il peut tuer son oncle, et envisager sa propre mort.

Connaître et apprivoiser la mort sont donc deux propos de la pièce, en se confrontant avec elle, il la repense et peut ainsi punir les coupables, tout en ayant moins peur de la mort, puisqu’il sait désormais ce qu’elle est : une partie de la vie.

Nous pouvons explorer également le motif de la construction cyclique de l’œuvre : tout d’abord, le lieux où Shakespeare rédige cette pièce, puisqu’à son époque les productions théâtrales s’écrivaient à chaud, si je puis dire, sur le plateau, se nomme le Globe, qui est particulièrement révélatrice de l’esthétique de l’époque.

La pièce commence avec la mort du père d’Hamlet, qui revient vers les vivants, et elle se fini avec la mort d’Hamlet. Nous pouvons donc supposer que si l’œuvre continuait Hamlet reviendrait dans le monde des vivants. D’ailleurs est-ce anodin si le père et le fils se nomment Hamlet ?

Ensuite, Hamlet est placé en miroir avec Fortinbras, le fil du Roi de Norvège. Puisque leurs pères à tout deux sont morts, et qu’ils portent leurs prénom. Ce qui est une superposition de la vie et de la mort de façon cyclique.

Enfin le parcours d’Hamlet est lui même l’anamorphose, c’est à dire le reflet déformé, de celui d’Ophélie. Puisque pour comprendre la mort, notre personnage principal prends le masque de la folie, mais une folie théâtrale, qui le conduit à la mort. Ophélie, elle, à la mort de son père, devient vraiment folle et se suicide.

Ces anamorphoses sont typiques de l’esthétique Baroque, puisque nous pouvons citer également la présence de théâtre dans le théâtre, où va se rejouer l’assassinat du père d’Hamlet qui à déjà eu lieu. Cette répétition n’est pas insensée car c’est en représentant les choses, que l’on atteint la vérité.

Le dernier grand thème que nous pouvons citer est le parcours atypique du temps, dans cette pièce : en effet, la dramaturgie classique antique voulait qu’une pièce de théâtre commence au levé du soleil et que tout soit réglé à son couché.

Mais dans  »Hamlet » le temps est circulaire : comme le dit notre personnage principal dès l’acte 1  » le temps est sorti de ses rails  », puisqu’il y a l’intrusion du passé dans le présent, par la présence du spectre. Sa conséquence est la réflexion d’Hamlet, qui découvre que le monde des vivants se confond avec celui des morts.

Mais également par la présence de la première réplique de la pièce :  »Qui est là ? » qu’il faut comprendre au delà de l’intrigue : ici nous devons entendre de quoi est fait le monde, qui existe ici. La réponse nous est donné à l’acte 5, où Hamlet réalise que le monde est remplis des traces du passé. On envisage le monde comme un lieu dans lequel il n’y a pas d’objets ni de présence originel. Ce qui habite le présent est la représentation de quelque chose qui à déjà existé par le passé et qui revient avec la marque du fait qu’il a déjà servi dans un autre temps. La question adressé au lecteur est philosophique : qui habite le monde ?

En conclusion, j’ai vraiment beaucoup aimée cette pièce qui aborde des thèmes réalises ; tels que tenter de vivre après la perte d’un proche, quel part doit on donner à la vengeance, mais aussi comment accepter le nouveau mariage de sa mère. Mais également des thèmes plus philosophiques comme quelle place à la mort dans notre monde.

A travers Hamlet, c’est toute une réflexion qui est mené et nous amène nous aussi, lecteurs ou spectateurs, à nous poser ses questions.

Extrait :

 »[…] parce que je sais que l’amour est crée par le temps,

Et que je vois, sur des exemples avérés,

Que le temps en diminue l’étincelle et le feu.

Il y a dans la flamme même de l’amour

Une mèche qui charbonne et qui l’amoindrira ;

Rien ne garde à jamais la même perfection,

Car la perfection, croissant jusqu’au trop-plein,

Meurt de son propre excès.  » ( p. 285 – 287 ) Acte IV, scène VII

L’auteur :

Si son œuvre a traversé les siècles pour devenir un monument de la littérature universelle, l’histoire de Shakespeare semble condamnée à être écrite au conditionnel tant elle est sujette à controverse. Que de thèses échafaudées sur la véritable identité du dramaturge anglais, sur les pièces qu’il aurait écrites ou sur la vie qu’il a menée. Son existence même a été parfois remise en cause. Si la France a attendu le XXème siècle pour entendre une controverse sur la paternité des textes de Molière, Shakespeare voit sa légitimité remise en question dès le milieu du XIXème siècle au profit de Bacon, Marlowe, voire de la reine Elisabeth en personne.

William Shakespeare naît le 23 avril 1564 à Stratford-sur-Avon dans le comté de Warwick en Angleterre au sein d’une famille catholique. De sa jeunesse, on ne connaît que peu de choses, sinon qu’il fut certainement l’élève de l’école de Stratford.

En novembre 1582, William épouse Anne Hathaway, femme de huit ans son aînée et qui lui donne un enfant dès le mois de mai. Suivent des jumeaux en février 1585.

Puis, on perd la trace de Shakespeare pour longtemps. On ne sait quasiment rien de ses années de formations. L’hypothèse traditionnelle est que Shakespeare aurait quitté Stratford pour éviter les représailles d’un certain sir Thomas Lucy sur les terres duquel il aurait braconné. Il aurait alors rejoint Londres. Mais cette supposition repose surtout sur l’anecdote du délit de chasse de Falstaff dans Henry IV.

Toujours est-il qu’en 1592, la plume assassine du dramaturge Robert Greene rend compte de la présence de Shakespeare à Londres dans le milieu théâtral, dans un pamphlet nommé  » Un liard de malice  ». Pendant les dix années entre son mariage et ce fameux article, on ne sait rien de l’auteur : d’époux précoce à Stratford, il est devenu dramaturge et acteur reconnu sur la scène effervescente du théâtre élisabéthain. Mais la route qu’il a empruntée nous reste inconnue. C’est d’ailleurs un point qui alimente les thèses critiques sur l’identité de Shakespeare.

Il s’établit au Théâtre du Globe avec la compagnie des « Lord Chamberlain’s Men », dont il est l’un des sociétaires. La troupe prend le nom de leur protecteur Lord Chamberlain, alors censeur officiel des représentations théâtrales.

A défaut de connaître véritablement Shakespeare, on distingue quatre périodes dans ces œuvres. De 1590 à 1594,  il écrit des drames historiques et politiques tels que Henry VI et Richard III. La sagesse, l’harmonie des pouvoirs sont opposées aux désordres et injustices nés de l’ambition personnelle. Mais il écrit parallèlement quelques comédies.

Les œuvres de la période suivante, de 1594 à 1600, appartiennent à des registres proches. Ainsi le dramaturge écrit Henry IV mais aussi du Songe d’une nuit d’été, un exemple caractéristique des comédies au ton fantaisiste de l’époque. Mais Shakespeare y écrit aussi l’une de ses tragédies les plus connues : Roméo et Juliette.

A partir de 1600, les œuvres prennent un ton plus grave et sont empreintes de pessimisme. Mort, démesure, pour ne pas dire folie, sont en effet des thèmes récurrents de ces tragédies, qui sont désormais classées comme  »des pièces à problèmes.  »

En 1611, Shakespeare décide de se retirer du théâtre et de prendre sa retraite sur ses terres natales. Il s’éteint le 23 avril 1616 à l’âge de 52 ans, laissant derrière lui une œuvre impressionnante et un épitaphe explicite maudissant quiconque ouvrirait ou déplacerait sa tombe.

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Quatre filles et un jean – tome 5  »Pour toujours » de Ann Brashares :

Titre : Quatre filles et un jean

Titre original : The Sisterhood of the Traveling Pants : Sisterhood Everlasting

Tome 5 : Pour toujours

Auteur : Ann Brashares

Traduit de l’américain par Vanessa Rubio-Barreau

Edition Gallimard, 2012

Résumé :

Tibby, Lena, Carmen et Bridget ont grandi. La vie les a éloignées. Et, au-delà de la carrière professionnelle et de leur vie amoureuse, chacune sait que quelque chose leur manques… La proximité qu’elles ont toujours connue jusqu’ici.

Un beau jour, enfin, Tibby qui vit en Australie leur envoie des billets d’avions pour organiser des retrouvailles en Grèce !

Aucunes des quatre amies ne se doute à quel point leur vie en sera bouleversée, à jamais…

Ann Brashares fait revivre ses quatre héroïnes mythiques, confrontées aux grandes questions de la vie : l’amitié, la tragédie, la maternité, l’amour… Une lecture chaleureuse et émouvante à savourer à tout âge comme les confidences d’une meilleure amie…

Mon avis :

Lors de l’annonce de la sortie de ce cinquième et dernier tome de cette fabuleuse saga, j’étais terriblement sceptique, quant à l’objectif de ce livre. Serai-ce juste un coup marketing ? Quelle va être la teneur de l’histoire, par rapport au quatrième tome, qui, pour moi, clôturais parfaitement la saga, et nous laissais dans de bons espoirs quant à l’avenir de nos héroïnes ?

Les chroniques commençant à tomber, les coups de cœur se faisant de plus en plus positifs, transcendants et inoubliables, je commençais donc à me poser quelques questions, et j’ai finalement décidée de relire les quatre premiers tomes. Les ayant lus lorsque j’étais plus jeune, j’en avais gardée un excellent souvenir. Et j’ai pris un immense plaisir, à me replonger dans l’univers des quatre filles et de leur jean magique, symbole de leur amitié. Je redécouvrais en même temps qu’elles, les premiers émois de l’adolescence, les premières questions sur la vie, et lorsqu’elles sont entrées à l’université, cela m’a beaucoup aidée de les voir évoluer, car moi-même entrant dans le même cadre,  je me suis très vite retrouvée en elles.

Suite à ces relectures, plus que positives, je me suis dit qu’il fallait absolument que j’enchaîne sur ce tome-ci.

Ma chronique sera peu détaillée puisque je pense, que ce dernier tome est à lire en ne sachant rien de ce qui peut advenir.

( attention spoilers ! )

Nous retrouvons donc les quatre filles, mais dans leur vie d’adulte, puisqu’elles approchent à grands pas de leur 30 ans. Le temps de l’innocence est terminée, et leur amitié commence à pâtir de leurs nouvelles habitudes, et de l’éloignement géographique.

Carmen est devenue une actrice reconnue. Elle a d’ailleurs obtenu un rôle récurent dans la série TV  »Enquêtes Criminelles » et, est fiancée à Jones, un directeur de programme. Nous la découvrons bien changée, bien loin de la Carma que nous connaissions. Ses défauts se sont exacerbés, et le contact de son fiancée, n’aide en rien. Elle s’est éloignée de ses parents, et nous avons l’impression qu’elle est désormais froide, se laissant dicter sa conduite par son fiancé puisqu’elle pense qu’il sait mieux qu’elle ce qui est bon pour sa carrière.

Lena vit de se passion, l’art, mais peine à trouver des acheteurs pour ses tableaux, elle donne donc en parallèle des cours. Elle est devenue encore plus solitaire qu’autrefois, vivant seule dans un appartement qu’elle rechigne à quitter même pour aller travailler. Elle ne vit que dans l’attente, celle de ses amies et celle, moins avouable d’un certain garçon, qui lui avais promis  »un jour »…

Bridget habite avec Eric, qui est désormais avocat. Elle ne vit que de petits boulot intérimaires, et tente toujours de trouver un appartement plus lumineux. Nous sentons qu’elle cherche quelque chose à quoi se raccrocher, mais nous n’en comprenons la raison, que bien plus tard.

Tibby, quant à elle, est partie vivre en Australie, avec Brian, afin qu’il puisse monter son entreprise de jeux-vidéos. C’est elle qui à le plus de mal à supporter cette éloignement, contrastant avec le fait qu’elle ne donne pas de nouvelles à ses amies. Elle va donc leur envoyer à toutes les trois des billets d’avion afin qu’elles puissent enfin se retrouver. Elles qui n’ont pas passées de temps toutes les quatre réunis, depuis si longtemps.

Mais l’euphorie des retrouvailles va vite laisser place à un vide immense, impossible à combler, que les filles vont appréhender chacune à leur manière…

J’ai adorée ce livre, qui fut mon plus gros coup de cœur de l’année 2012 !

J’ai encore aujourd’hui, bien du mal à mettre des mots sur mes émotions. Ce livre est une bouffée de joie, de violence, de manque, d’incompréhension et finalement de sérénité. Oui, tout cela et bien plus encore à la fois.

Nous entrons dans la vie des quatre filles, aux antipodes de là où nous les avions laissées. Elles ne sont plus aussi soudées qu’avant, et leurs personnalité est parfois l’inverse de ce qu’elles sont au fond d’elles. Nous voyons parfaitement l’influence de certains, celle de la société et de ses fastes, sur nos héroïnes, qui incarnent des femmes modernes, indépendantes, dans un monde toujours en mouvement. Ce parallèle est assez fort tout le long du livre, où suite à un événement qui créer une rupture, les filles vont opérer un véritable changement, en stoppant leur vies, ce qui produit un contraste particulièrement fort, avec le monde qui tourne toujours et elles, en suspends.

Ici, l’auteur exploite le motif du destin : puisque les filles ne se posent même plus la question de savoir ou non si elles sont heureuses. Elles se laissent porter par la vie. Et Tibby, va les aider à voir les choses autrement, et découvrir leur force d’action sur la vie, et la part de destin qu’il peut y avoir, en usant d’un stratagème particulier.

Tout comme les tomes précédents, on retrouve le même schéma, à savoir que les personnages secondaires aident les filles à se retrouver. Ils permettent donc d’aborder des thèmes bien particulier à chacune des filles. Ces derniers sont réalises, et l’auteur à travers eux nous amène à réfléchir, à nous poser des questions, et prendre part aux choix des filles, comme si nous étions leurs confidentes. Ici, ses personnages secondaires sont nouveaux, ils donc apportent un nouveau souffle à l’histoire, un point de vu extérieur.

La fin nous laisse sur une note de sérénité au milieu du chaos et nous refermons le livre des larmes dans les yeux, mais tout en sachant que l’avenir est assuré et qu’elles seront toujours ensemble contre la tempête…

La plume de l’auteur est toujours aussi douce, nous faisant, par de simple petites choses de la vie quotidienne, entrer de plein pied dans son histoire. Elle nous donne l’impression d’avoir une véritable incidence sur le choix des personnages, de vivre avec eux.

J’ai été particulièrement touchée par ce livre qui est un débordement d’émotion ! Il est une digne fin, pour l’une des saga les plus réalistes de mon adolescence, qui m’a fait grandir et évoluer avec ses personnages.

Veuillez m’excuser pour cette chronique un peu brouillon, qui pourtant révèle l’intensité de mes émotions et donc l’incapacité à les mettre en ordre. De plus, comme je l’ai dit plus haut, j’ai volontairement laissée pas mal de choses de côtés afin de laisser tout le charme du livre opérer.

Extraits :

 » Ce souvenir, c’était facile ; mais vivre, c’était plus dur.  » ( p.43 )

  » – En grandissant, on apprends qu’il y a une phrase, très courte, toute simple, qui apporte plus de réconfort que de longs discours. Et je vais te la confier… Prête ?

– Prête

– Au moins, j’ai essayé.  » (p. 321 – 322 )

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La famille York tome 1 – Coeur Rebelle de Victoria Dahl (édition Milady Romance collection Pemberley) :

Résumé :

 » Une histoire d’amour sensuelle et passionnée.

Marissa doit se fiancer pour éviter le déshonneur. Jude Bertrand, un homme mystérieux à la réputation sulfureuse, se propose de l’épouser. Il n’est pas du goût de la jeune fille qui le trouve laid ; et surtout, impossible de le mener par le bout du nez : c’est un fauve rusé, une force de la nature. Jude, quant à lui, a très bien cerné Marissa et il est peut-être le seul à l’aimer vraiment pour ce qu’elle est : un cœur rebelle, comme le sien. La jeune femme finira-t-elle par accepter ce mariage ?  »

Mon avis :

J’ai acheté ce livre sur un coup de tête lors du lancement de la collection Romance chez Milady, je voulais la tester et finalement n’y est plus repensée pendant un bon moment. Mais cette semaine, étant très prise, j’ai eu besoin d’une lecture complètement détente, sans risque de larmes ! Je me suis tournée vers celle-ci, qui était déjà prévue un peu plus tard dans le mois.

L’histoire ce passe dans l’Angleterre de 1847, où Marissa York, se voit compromise. Il lui faut donc trouver le plus rapidement possible un mari, pour éviter tout scandale. Jude Bretrand, un ami de son frère Aidan, se propose mais entre l’autorité de se voir confier un homme qu’elle n’aime pas, et la curiosité de la sexualité, la jeune fille ne sait plus où donner de la tête. Mais Jude est peut-être le seul qui la voit et l’aime réellement pour ce qu’elle est…Va-t-elle finalement accepter son mari ou tout rejeter dans un dernier désir d’indépendance ?

Le contexte historique tout d’abord, est assez mal exploité, ou tout du moins pas assez expliqué. Nous ne savons rien des mœurs de l’époque, et seule notre culture générale est une base. Au détour de petites phrases, l’auteur nous explique tout de même la place de la femme dans la société ou la famille. Mais l’emploi du temps des hommes se trouve réduit à faire la coure aux dames et la chasse, rien n’est décrit sur les coutumes de l’époque. Pour un livre tel que celui-ci, où l’étiquette régissait la vie des individus de la haute société, je trouve qu’introduire ce genre de choses est important ( ne serait-ce que pour les novices ). Ce qui, à mon sens, retransmet le mieux l’époque donnée, est le langage, mais là encore, nous pourrions, comme les lieux, être n’importe où n’importe quand.

 –  » Marissa, cessez d’agir de façon plus sotte encore que vous ne l’avez déjà fait. Ce que j’ai vu me fait craindre que vous soyez enceinte. Nous devrons vous trouver un mari immédiatement !

– C’est absurde !

Mais avant même d’avoir achevé sa phrase, elle sentit la peur la gagner. Elle n’avait pas vraiment songé à cela. Ce qu’elle savait de la reproduction se résumait à de vagues rumeurs et des fragments de conversation glanés ici et là au fil des années.

– Je pensais que… la première fois… N’est ce pas impossible ?  » ( p. 15 – 16 )

Ici nous voyons bien que la femme n’est pas préparée à la sexualité ni au mariage, mais à part cela, le reste de la société n’est pas représenté. J’aurais souhaité avoir l’opinion des gens, ou au moins des scènes de complots et commérages, mais cela est absent pour ce concentrer essentiellement sur la relation de Jude et Marissa. Ce qui nous prouve que nous sommes ici dans un livre de romance, sans prétentions sur la réalité ou la véracité du déroulement des faits à l’époque dite.

L’intrigue est par contre je trouve, un peu moins cliché que l’on ne pourrait le croire de prime abord. Nous entrons directement dans le vif du sujet avec la décadence de Marissa, qui est prise sur le fait par son frère aîné. Cela nous poses tout de suite les bases, les tenants et aboutissants que les personnages vont tenter de régler. Malgré tout l’histoire est le banal jeu du chat et de la souris, mais parfois on ne sait plus qui est le prédateur et qui est la proie : les rôles ne cesse de s’inverser, et cela rends l’histoire plus prenante et amusante.

Il faut tout de même avouer que c’est une romance, donc on sait comment cela va finir, mais je dois dire que j’ai été surprise dans les dernières pages, où tout est encore indécis quand au dénouement. J’ai aimée cette ambiguïté, qui permet à l’auteur d’insérer des passages un peu plus mélancoliques, qui sont particulièrement bien décrit, selon moi, car j’ai réellement ressentis une pointe de tristesse, j’étais mal à l’aise en lisant cette angoisse qui prends l’héroïne à la gorge. Le côté romance est très bien exploité, mais j’ai trouvée que les choses se passent trop vite, que les personnages pensent avoir changés à peine ont-ils découvert leurs points négatifs.

Malgré tout, l’humour est de mise puisque Marissa n’est pas femme à ce laisser dicter sa conduite, et que Jude est très malin, se fichant un peu des conventions par un passé très sulfureux. J’ai adorée suivre leurs échanges musclés, chacun campant sur ses positions et ne voulant à aucun prix montrer un peu de sa faiblesse à l’autre.

Pour l’époque, les événements contés ici ( dans l’ensemble du livre, dans la globalité de l’histoire ) sont peut-être un peu théâtralisés. Je ne dis pas que c’est complètement impossible, loin de là, surtout si on se réfère au célèbre  »Liaisions dangereuses » de Laclos ! Mais je pense que l’auteur à volontairement forcée le trait de certains faits, sans cela il n’y aurait pas de passion ni d’histoire à proprement parlée. De plus, je l’avoue, je ne suis absolument pas une spécialiste de romance ! Je voulais tenter ce genre littéraire avec cette nouvelle collection dans l’espoir de voir un peu plus de modernité pointer le bout de son nez. De se côté-ci, je ne connais pas encore tout ce que nous réserve les prestigieuses édition Milady…

En ce qui concerne les personnages, Marissa est un protagoniste à double facette : elle est superficielle, aime regarder les cuisses des hommes, et raffole de la danse, d’ailleurs pour elle, un bon mari est un bon danseur. Mais elle est également présentée comme une fille rebelle, car elle ne veut pas voir sa liberté volé, au profit de l’autorité d’un mari, ce qui est à l’époque purement scandaleux et inacceptable pour une famille de la haute bourgeoisie. Sans compter qu’elle ne s’arrête pas là, ne faisant rien comme les autres, elle va aller plus loin que sa condition le lui permet, plus loin que toutes les jeunes filles de son rang. Son côté frivole m’a agacée à certains moments, elle est indécise, puisqu’elle parle d’amour envers Jude, quand le lecteur comprends qu’elle cherche son physique. Mais encore dans ce dernier point, on sent sa force de caractère, qui détonne complètement par rapport aux conventions.

Jude quand à lui, est un homme atypique dans l’univers de la haute bourgeoisie dont est issu Marissa. D’ailleurs, au premier abord cette dernière le prends pour un bûcheron ou un forgeron, cela veut tout dire ! Il n’a pas le physique d’un danseur de salon dont rêve Marissa, et pourtant il se cache tout un personnage derrière la façade de pierre… Je ne vous en dis pas plus, car j’ai aimée découvrir petit à petit ses origines, même si justement, je déplore qu’on ne s’y attarde pas plus que cela au final. Il connaît plus la vie que Marissa, et c’est à son contact que la jeune femme va s’épanouir.

Les personnages secondaires sont assez développés pour faire l’objet par la suite d’un tome, on nous donne ici un aperçu de la famille York, en tant que famille de la haute société Anglaise, assez complet. Le frère aîné, Edward, désormais chef de famille, est très droit, mais profondément humain envers ses proches. L’autre frère de Marissa, Aidan, est plus taciturne, depuis qu’un drame est venu endeuiller sa vie. Il fait preuve d’un certain humour et s’amuse du comportement scandaleux de sa sœur. La baronne est le cliché de l’époque : elle s’évanouit à chaque contrariété, si bien que ses enfants n’en ont plus que superficiellement conscience. Elle n’est pas particulièrement autoritaire, et j’ai trouvée qu’elle n’était pas spécialement choquée par l’attitude de sa fille. Ce qui pour l’époque passait pour le plus odieux des péchés, se retrouve ici un peu bafoué.

Qui dit romance, dit scènes de sexe bien évidement… Comme je l’ai déjà stipulée, je ne suis pas très calée dans ce genre, alors je ne parlerai qu’à partir de mon ressentis. J’ai appréciée le fait que Jude et Marissa soient complètement différents dans ce domaine : l’un est un habitué des lits et douceurs des femmes, alors que l’autre n’a pratiquement, jusqu’à présent, que fantasmée les sensualités et subtilités du sexe. D’ailleurs, il y a pendant la grande majorité du roman, une phase d’apprentissage, une relation maître-élève, qui est contrebalancée par le jeu de séduction que Marissa met en place, afin de mieux prendre Jude dans ses filets. Ainsi ce dernier, se retrouve dans le posture du disciple, puisque la jeune femme est une élève particulièrement assidue et observatrice. J’ai aimée que ce rapport de force un peu misogyne devienne par la suite une source d’humour et de jeu sexuel inépuisable.

Après quelques petites recherches, le sujet du second tome de cette série, sera l’un des frères de Marissa, Aidan. J’ai hâte d’en apprendre plus sur ce taciturne et renfermé personnage, qui porte un passé douloureux sur les épaules…

Premier essai de la collection romance de chez Milady réussi, car même si c’est une lecture détente, l’histoire est prenante et piquante, on a envie de rester avec nos personnages, et même si je déplore que le contexte historique soit mal exploité, je réitérerai l’expérience avec un autre ouvrage de cette collection.

  • Points positifs : une héroïne atypique, des personnages masculins forts, des scènes de sexe qui m’ont données envie (mais chut !)

  • Points négatifs : le contexte historique peut exploité, la baronne accepte trop facilement le comportement de sa fille pour l’époque, l’indécision des deux protagonistes dans les derniers chapitres, une fin peut-être un peu trop  »happy-end »

Extrait :

 » Hum, murmura-t-elle d’une voix endormie. Je comprends enfin ce que vous vouliez signifier en clamant être un vrai homme.

– Pardon ?

– Votre pantalon n’a pas du tout l’air satisfait.

Elle avait dit cela sur un ton si convenable que Jude n’en cru pas ses oreilles. Il éclata d’un rire franc et sonore. Marissa York ne ressemblait à aucune des femmes qu’il avait connues jusqu’à présent.  » ( p. 126 )

L’auteur :

Victoria Dahl a commencé à lire des romans d’amour à un âge si précoce que c’en était indécent, et ne s’est plus arrêtée depuis ! Son premier roman a remporté le Prix Golden Heart, qui récompense les meilleures œuvres de romances historique.

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Serum – saison 1 épisode 1 de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza (édition J’ai Lu) :

Résumé :

 » On peut effacer votre mémoire, pas votre passé.

1773 : Mesmer invente l’hypnose

1886 : Freud invente la psychanalyse

2012 : Draken invente le sérum

Un injection.

Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott.

Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire.

Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken es-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?  »

Mon avis :

Comme je l’ai dis dans l’un de mes C’est lundi, je n’étais pas tentée au départ par la saga Serum, notamment par son format court copié sur le mode d’une série TV, et les nombreux flash-code musicaux. Et puis finalement, plus je lisais la quatrième ainsi que les avis très positifs sur les premiers tomes, je me suis décidée à sauter le pas.

Tout d’abord, je suis allée sur le site afin de pouvoir écouter les musiques pendant ma lecture, et j’ai regardée une vidéo présentant la saga, en reprenant presque mot pour mot l’introduction. Je suis tombée amoureuse de la voix du conteur, terriblement froide et pas rassurante pour deux sous ! C’est donc sur une note angoissante mais très positive que j’ai commencée la lecture de ce premier tome.

Nous découvrons deux personnages énigmatiques, puisque nous ne connaissons pas leur noms pendant un bon moment. Il y a tout d’abord un homme dans une chambre d’hôtel qui visionne d’étranges cassettes vidéos, du sang sur les mains. Son identité ne nous est révélée que dans les dernières pages. ( ces apparitions sont en italiques dans le texte )

Ensuite, il y a une femme poursuivie, bientôt rattrapée par ses ravisseurs qui lui tirent une balle dans la tête. Cette partie est très bien décrite, car même si nous ne savons pas dans quel camp  est cette femme, on se prends rapidement à souhaiter qu’elle s’en sorte. L’angoisse de la poursuite monte, et on commence à psychoter.

Miraculeusement rescapée Emily Scott, est touchée d’une amnésie quasi totale.

Mise sur l’affaire, l’inspecteur Lola Gallagher, du 88e district, est bientôt assaillie de questions sans réponses et l’enquête ne tarde pas à piétiner. Qui est à la poursuite d’Emily et que lui veut-on ? Mais l’intrusion de son ami, le docteur Draken, célèbre psychothérapeute, pratiquant l’hypnose va peut-être changer la donne…

Au début, je craignais que les personnages ne soient développés que très partiellement, en raison du format très court, mais cela n’est nullement le cas. Comme dans les séries TV, les détails sur les protagonistes nous sont donnés petit à petit. Ce que j’ai moins aimée, c’est que certains personnages sont un peu caricaturaux ( c’est souvent mon problèmes dans les livres ).

Nous avons donc le capitaine de police grincheux, mais profondément humain et compréhensif.

L’inspecteur Lola Gallagher qui sous des dehors de femme forte cache bien des blessures. Son fils est sa raison de vivre, d’ailleurs ce dernier est un garçon d’une dizaine d’années bien plus mature que les enfants de son âge, en raison d’une vie familiale chaotique.

Le collègue de Lola, Phillip Detroit, expert en criminologie informatique, qui couche avec Lola et qui a peut-être plus de sentiments qu’il ne veut bien l’avouer. C’est un homme bougon qui aboie plus qu’il ne parle, mais qui est doué de compassion.

Et enfin, le docteur Draken, le personnage qui détonne complètement dans le paysage, n’est pas sans rappeler le célèbre docteur House, pour notre plus grand plaisir !

Vous l’aurez compris, on nous brosse dans ce premier tome, tout un panel de personnages, certains aux intentions douteuses, d’autres honorables, mais les apparences sont parfois trompeuses, dit-on…

Le style d’écriture est simple, mais travaillé. Les phrases courtes dominent le roman, et donne une véritable impression de série TV, puisque nous passons d’une histoire à une autre, d’un personnage à un autre. C’est la première fois que je lis un récit écrit à quatre mains, et l’association d’un maître du thriller à un maître de l’énigme, est un pari gagnant ! J’ai adorée l’ambiance très sombre et mystérieuse, qui se dégage de chaque personnage. On en arrive à tous les soupçonner à un moment où à un autre.

Tout ceci est renforcé par le côté musical, avec des musiques classiques, qui se marient à la perfection avec les mots sous nos yeux. Moi qui apprécie être au calme pour lire, ce n’était pas gagné ! Mais finalement, on se prends dans cette atmosphère de film angoissante, avec un rythme musical parfois saccadée, qui nous donne envie de nous retourner, notre livre à la main, pour voir si personne n’est avec nous dans la pièce. Parfois la musique s’intensifie, et notre cœur bat, nos yeux sautent d’un mot à l’autre pour connaître enfin les tenants et aboutissants de l’histoire.

Ce livre ne sera pas un coup de cœur, pour la simple raison, que j’ai découvert l’identité de l’homme aux cassettes vidéos bien avant la fin, sans cela, l’histoire m’a charmée, les personnages sont attachants d’autres sont des méchants en puissance, plusieurs d’entre eux sont encore inconnus et mystérieux, et j’ai très envie de découvrir la suite, car ce premier tome se termine sur un cliffhanger de dingue !!!

  • Points positifs : l’histoire très mystérieuse, l’écriture, les musiques

  • Points négatifs : personnages un peu caricaturaux, une partie de la fin peut se deviner

Extrait :

 » Vous avez bien fait de venir me voir.

Maintenant, détendez-vous.

Détendez-vous et laissez votre conscience s’ouvrir. Laissez-la vous guider.

Le sérum qui va vous être injecté facilite l’induction hypnotique. Il n’altère en rien votre personnalité ni votre volonté, mais il vous débarrasse de ce qui vous éloigne de votre conscience.

Votre conscience voit plus de choses, entend plus de choses, connaît plus de choses que vous ne pouvez l’imaginer.

Ici, maintenant, votre conscience est reine.

Il y a, quelque part dans un coin de votre tête, un petit train. Un petit train qui peut vous emmener en voyage. […]

«  La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles ; l’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent, dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme la nuit et comme la clarté, les parfums, les couleurs et les sons se répondent. «

Oubliez le monde autour de vous. Ses bruits. Ses nuisances. N’écoutez que l’écho de votre âme.

Le plus important, c’est vous.

N’ayez crainte. Je suis là, à vos côtés.

Il ne peut rien vous arriver…  » ( p. 8- 9 )

Les auteurs :

Henri Loevenbruck est l’auteur de 13 livres, entre thrillers et romans d’aventures. Ses livres sont traduits dans plus de 15 langues. Après des études de lettres, et 17 mois passé aux Editions Francophones d’Amnesty International, il devient pigiste pour la radio (TSF) et la presse écrite (L’Express), il signe de nombreuses chroniques sur les littératures de l’imaginaire avant de créer sa propre revue (Science-Fiction magazine). Après être resté rédacteur-en-chef de ce journal pendant deux ans, il publie à 25 ans un premier polar futuriste aux éditions Baleine, sous le nom de Philippe Machine… S’en suit une plongée plus que réussis dans le monde du thriller, puisqu’il a été qualifié, en 2008, de  »nouveau maître du thriller Français » par le Nouvel Observateur !

Fabrice Mazza est le plus grand maître des énigmes en France. Ses ouvrages sont lus dans le monde entier et ont dépassé le million d’exemplaires vendus.

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Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary-Ann Shaffer et Annie Barrows (édition 10/18) :

Résumé :

 » 1946, alors que les Britanniques soignent les blessures de guerre, Juilet Ashton, écrivain en manque d’inspiration, entreprend une correspondance avec les membres attachants d’un cercle de Guernesey. De confidences en confidences, la page d’un nouveau roman vient de s’ouvrir pour la jeune femme, peut-être aussi celle d’une nouvelle vie…  »

Mon avis :

Cela fait longtemps que le titre de ce livre m’avait attiré l’œil, mais je n’avais jamais osée franchir le pas en l’achetant et encore moins en le lisant. Cela aurait été une erreur, car j’ai vraiment aimée cette lecture toute en douceur !

Nous sommes en 1946, nous rencontrons Juliet Ashton, le personnage principal, romancière anglaise d’une trentaine d’années, qui a écrit pendant la guerre une chronique  »Izzy Bickerstaff s’en va-t-en guerre », dans un célèbre journal.

Malheureusement, Juliet n’a plus d’inspiration pour un autre livre. Bientôt une lettre d’un habitant de l’île de Guernesey, Dawsey Adams, qui après avoir retrouvé un exemplaire d’un livre de l’auteur Charles Lamb, appartenant à Juliet, lui demande si une librairie londonienne serait à même de lui trouver d’autres titres de l’auteur.

Petit à petit, Juliet découvre l’existence du Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey, ainsi que ses habitants que ce Cercle a aider à passer les heures les plus noires de la guerre.

Juliet essai au travers des lettres de glaner des informations sur le quotidien de ces insulaires pendant l’Occupation, afin d’en faire un livre. Mais la tâche est ardue, et elle va bientôt avoir envie de quitter Londres pour la paisible et bucolique île Anglo-Normande.

Le point central du livre est donc Juliet, qui effectue des recherches sur l’Occupation des insulaires. Avec elle est développé le monde de l’édition et de la littérature de l’époque ( pendant et après guerre ). Son meilleur ami Sidney est également son éditeur, ce qui favorise ce point de vu. Il y a également quelques références littéraires tels que les sœurs Brontë ou Jane Austen ! Bien que je pensais qu’il y aurait plus de conversation sur la littérature en tant que tel et de références, le monde littéraire est une façon d’entrer en matière et de comprendre au moyen des livres, la personnalité des habitants de l’île et leur ressenti face à l’état d’Occupation. Le Cercle leur a permis de garder un lien humain pendant la guerre, de rester soudés aux heures les plus noires.

Ce que j’ai appréciée dans ce récit est qu’il y a l’interversion de personne réprouvant complètement le Cercle et ses membres. La figure du personnage Allemands est également plus floue. Les points de vu sont donc tous présents, ce qui fournis un texte complet.

Les personnages secondaires sont nombreux, mais ils ont tous une personnalité et un caractère bien à eux, ce qui les dissocie et nous permet de trouver une figure à laquelle s’attacher, peut-être plus qu’aux autres. Il y a Isola, la bergère atypique et loufoque, Dawsey le réservé, Kit la petite fille tendre, ou encore Elizabeth la figure de disparue.

Chacun apporte un récit, une émotion, son intimité et son vécu bien à lui de l’Occupation. Les personnages nous apparaissent alors sous des jours nouveaux, ils se laissent ainsi devinés par leur récit de guerre.

En ce qui concerne la fin, je l’ai trouvée juste. Je ne m’imaginais pas quelque chose de complètement bouleversant, étant donné que la douceur prédomine la lecture de ce roman, même si le contexte est grave, car c’est la fin de la guerre, et que les habitants de l’île comme les autres doivent réapprendre à vivre. Elle arrive a point nommée, bien que je m’en sois doutée depuis un bon moment, nous laissant sur une note de confiance quand à l’avenir de nos personnages. On referme le livre sereins, sachant que nos héros sauront prendre soin les uns des autres…

Le format épistolaire est un très bon choix, selon moi, car les insulaires racontent eux-même leur expérience de la guerre, en utilisant la première personne, on entre vraiment dans leur cœur, et cela est d’autant plus émouvant. Les mots utilisés collent parfaitement à chaque personnalité, la lecture est rythmé car les personnages sont doué d’humour, et que l’on passe d’un personnalité à une autre, d’une histoire à une autre.

Ce roman est loin d’être larmoyant, même si il est émouvant, on se laisse porter par les lettres, d’une à l’autre nous voguons entre les habitants de Guernesey où chacun apporte sa pierre à l’édifice dans l’histoire de l’Occupation. De plus, même si certaines choses sont romancé, j’ai beaucoup appris sur l’île de Guernsey, et la situation de ses habitants pendant l’Occupation.

  • Points positifs : la petite Kit qui est adorable et pas toujours gentille avec les gens, le contexte traitée avec humour et philosophie, la douceur de Juliet, chaque personnages est importants et apporte sa pierre à l’édifice de l’histoire, tous les points de vus sont présents

  • Points négatifs : pas assez de référence littéraire et de discussion sur la littérature à proprement parlée, une fin peut-être prévisible ( c’est vraiment pour trouver un petit quelque chose à redire ) parce que, comme je l’ai dit, je ne vois pas d’autre fin

Extrait :

 » Et, quand je suis en haut des falaises et que je regarde la mer, je ne vois pas les affreux bunkers en ciment et la terre nue, sans arbres, dans mon dos. Ils n’ont pas réussi à saccager la mer.

Cet été, les ajoncs recommenceront à pousser autour des fortifications, et d’ici à l’année prochaine, les vignes vierges les recouvriront peut-être. Je l’espère. J’ai beau détourner le regard, je n’arriverai jamais à oublier comment elles sont arrivées là.

Ce sont les travailleurs de l’organisation Todt qui les ont construites. Vous avez sans doute entendu parler de ces prisonniers que les Allemands traitaient comme des esclaves, dans les camps du continent ; mais saviez vous qu’Hitler en avait envoyé seize mille dans les îles Anglo-Normandes ?

Il nourrissait le rêve fanatique de les fortifier afin que l’Angleterre ne puisse jamais les lui reprendre ! Ses généraux appelaient cela sa «  fièvre des îles « .  » ( p. 166 – 167 )

Les auteurs :

Mary-Ann Sheffer est née en 1934 en Virginie-Occidentale. C’est lors d’un séjour à Londres, en 1976, qu’elle commence à s’intéresser à Guernesey. Sur un coup de tête, elle prends l’avion pour gagner cette petite île oublier où elle reste coincée à cause d’un épais brouillard. Elle se plonge alors dans un ouvrage sur Jersey qu’elle dévore : ainsi naît sa fascination pour les îles Anglo-Normandes.  »Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » est son unique roman, écrit en collaboration avec sa nièce, Annie Barrows, elle-même auteur de livres pour enfants.

Mary-Ann Sheffer est décédée en février 2008, peu de temps après avoir appris que son livre allait être publié et traduits en plusieurs langues.

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Quatre filles et un jean tome 4 – Le dernier été de Ann Brashares (édition Gallimard Jeunesse)

Résumé :

Après leur première année loin de chez elles, à l’université, Carmen, Tibby, Bridget et Lena ont chacune des projets différents pour l’été :

Carmen participe à un festival de théâtre. Persuadée de n’être bonne qu’à s’occuper des décors, elle est la première surprise lorsqu’elle se fait repérer pour ses talents d’actrice. Mais Julia, sa nouvelle amie, semble tout à coup bien distante…

Tibby reste au campus à New-York pour suivre un séminaire d’écriture de scénarios et file le parfait amour avec Brian, jusqu’à ce que… tout se complique.

Bridget part en Turquie sur un chantier de fouilles archéologiques. Elle tombe sous le charme de Peter, trente ans, marié, père de famille…

Lena suit un atelier de dessin en compagnie d’un élève particulièrement doué et plutôt beau garçon, Léo, qui pourrait bien lui faire oublier Kostos…

Ce dernier volet laisse les quatre filles au seuil de leur vie d’adulte. C’est l’heure des grandes questions et, parfois, des déceptions. Mais une chose est sûre : avec ou sans le jean, leur amitié restera éternellement dans le bleu.

 

Mon avis :

( attention risques de spoilers ! )

Me voilà donc lancée dans le dernier tome de la saga où les filles quittent vraiment l’adolescence, pour entrer dans le monde adulte.

Carmen est celle qui entre le tome 3 et ce tome-ci, a une évolution spectaculaire ! C’était une fille qui ne se laissait pas marcher sur les pieds et qui ne pratiquais pas la langue de bois. Elle était sûre de l’amitié de ses trois amies, elle fonçait donc dans la vie, en réfléchissant après à ses actes commis. Désormais, elle se cache sous d’immense sweat-shirt, afin que ses kilos en trop ne se voient pas, et elle fait tout pour que personne ne l’a remarque, allant même jusqu’à éviter ses trois meilleures amies.

Elle travaille sur les décors d’une pièce de théâtre, sur son campus, et quand Julia, la comédienne en herbe la plus en vue, lui demande de l’accompagner à un stage de théâtre, elle voit là une occasion de plus d’éviter de justifier à ses amies les changements survenues dans sa manière d’être. Mais bientôt, c’est le talent d’actrice de Carmen qui est repérée, sa fraîcheur contrairement au jeu trop travaillé de Julia, lui vaux une place dans la plus grande pièce du stage.

Mais Carmen va découvrir que ce n’est pas les valeurs profondes de l’amitié qui motive Julia. Elle va se rendre compte qu’elle n’est plus la fille qu’elle est réellement, que cette année de fac la éloignée des gens qu’elle aime, et qu’elle n’a rien fait pour que cela change. En traversant cette crise existentielle elle va se retrouver elle-même et déceler qui elle veut être vraiment. Une personne qui a droit à sa place, qui a une voix à faire entendre.

Tibby, elle, franchit une nouvelle étape, mais malheureusement tout ne ce passe pas comme dans un rêve et la réalité la rattrape bien rapidement. A mon sens, elle réagit parfois brutalement et au lieux de prendre l’affection de ses proches, elle la rejette pour ce sentir seule. Ici c’est Brian qui en fait les frais. Lui qui supporte les crises de Tibby en silence, va cette fois-ci faire entendre ce qu’il à dire. J’ai aimée cette facette de ce personnage auquel j’ai appris à m’attacher aux fils des tomes, même si il est peu présent. Sa connaissance à profondément changée Tibby, qui prends confiance en elle, parfois trop. Elle va d’ailleurs se rendre compte que c’est la communication qui évite bien souvent les problèmes.

Lena va devoir faire face à sa timidité afin de se plonger totalement dans la vie d’artiste décalée. C’est au contact de Léo qu’elle va prendre de l’assurance et comprendre bien des choses sur sa vie et sa manière de fonctionner. Notamment en ce qui concerne Kostos. C’est en s’écoutant qu’elle va comprendre que sa tête et son cœur peuvent parfois s’entendre. J’ai sentis une grande part de sagesse et de paix intérieur chez elle à la fin du tome.

Et enfin Bridget, partie sur un site de fouille archéologiques, va comprendre que ses actions peuvent avoir des conséquences sur des personnes inconnues. En réfléchissant sur l’état de mortel des êtres, elle va se surprendre à avoir envie de renouer avec sa famille.

La fin du tome n’est pas un adieu, mais plutôt le commencement d’une nouvelle page dans la vie des quatre filles. Elles ont beaucoup mûris durant toute la saga, d’ailleurs certains sujets sont désormais abordés un peu plus en profondeur, tels que l’alcool ou la découverte du plaisir charnelle, qui dans les tomes précédents étaient passés sous silence, ou évoqués indirectement.

Le style de l’auteur est en total adéquation avec l’âge des héroïnes, et mûris en même temps qu’elles pour coller au mieux a la personnalité de l’adolescence. Les émotions sont décuplés, et l’auteur sait nous les faire partager.

Cette saga est très réaliste et traite des problèmes qui arrivent réellement aux adolescents, sans pour autant être moralisateur, mais en ayant une fonction de compréhension. Les parents y ont également leur places, et je pense que même les adultes s’y retrouveront.

Je suis nostalgique de quitter ces quatre filles ( encore ), mais aux fils des tomes, j’ai redécouvert les émois de l’adolescence, j’ai grandis avec cette saga, et les deux derniers tomes explorent vraiment ce qui m’effraie en ce qui concerne l’avenir proche.

  • Points positifs : les règles du jean  »magique » en début de roman, une certaine nostalgie habite tout le récit, la fin explore les valeurs de l’amitié, les personnages ont vraiment évolués tout le long de la saga y compris les personnages secondaires

Extrait :

 » – Il me semble que j’ai compris… On n’habite plus à Bethesda, on n’est plus au lycée. On ne vit plus chez nos parents et on n’a pas encore de chez-nous. C’est là que nous avons grandi, que nous avons passé du temps ensemble, mais ce ne sont que des lieux, des époques, ce n’est pas nous. Si on s’imagine que nous quatre, c’est lié à un endroit ou à un moment précis, c’est fichu, car le temps passe et les lieux changent. Nous quatre, ce n’est ni un moment ni un lieu. […] Nous quatre, c’est partout.  » ( p. 400 )

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Les chroniques de MacKayla Lane tome 1 – Fièvre Noire (édition J’ai Lu)

Résumé :

 » Ma philosophie tient en quelques mots : si personne n’essaie de me tuer, c’est une bonne journée. Autant vous le dire, ça ne va pas très fort, depuis quelque temps. Depuis la chute des murs qui séparaient les hommes des faës. Pour moi, un bon faë est un faë mort. Seulement, les faës Seelie sont moins dangereux que les Unseelie. Ils ne nous abattent pas à vue. Ils préfèrent nous garder pour… le sexe.

Au fait, je m’appelle MacKayla Lane. Mac pour les intimes. Je suis une sidhe-seer.

La bonne nouvelle : nous sommes nombreux.

La mauvaise : nous sommes les derniers rempart contre le chaos.  »

Mon avis :

( attention risques de spoilers ! )

J’avais envie depuis très longtemps de me plonger dans cette saga, que je croisais partout sur la blogo. Je me suis laissée le temps de bien baver devant les couverture, et les chroniques encensant Barrons, avant de craquer =)

Le prologue nous plonge tout de suite au cœur d’une profusion de nouveaux termes, tels que sidhe-seer, faës, Seelie et Unseelie… Je me suis sentie un peu perdue aux milieux de tout cela, j’ai donc d’abord lu l’index afin de me donner quelques pistes.

Ensuite, l’histoire reprends un an plus tôt, lorsque MacKayla Lane mène encore une vie paisible, dans le sud de la Géorgie, chez ses parents, où elle bronze et officie en tant que barmaid. Jusqu’au jour où elle apprends que sa sœur, Alina, a été assassinée à Dublin où elle faisait ses études.

Lorsque la police ferme le dossier, s’en ai trop pour Mac, qui part à Dublin pour retrouver elle-même son assassin et ainsi venger sa sœur. Mais tout ce complique lorsqu’elle comprends qu’elle n’est pas celle qu’elle pensait être depuis sa naissance… Accompagnée de Jericho Barrons elle va découvrir les importants enjeux qui se trame dans les coins les plus reculés de Dublin, et qui vont prendre de l’ampleur si elle n’arrête pas très vite la menace qui tente de prendre possession du monde.

Au début, et pendant une bonne partie de ce premier tome, Mac nous est présentée comme le stéréotype de la jolie blonde superficielle, mais plus nous la voyons évoluer, la narration à la première personne aidant, elle est beaucoup plus intelligente qu’elle n’y paraît. Elle va découvrir qui elle est réellement, ou plus exactement une partie de ce qu’elle est, et ainsi devenir plus responsable. Le poids sur ses épaules : sa vie de sidhe-seer et la mort de sa sœur, la rende plus mature, ainsi que le contact du froid Barrons.

Elle est quelque peu bloquée dans ses recherches sur le meurtrier d’Alina, car Barrons en sait plus que ce qu’il ne veut bien lui dire, et elle ne sait pas si elle peut lui faire confiance ou non. D’ailleurs, tout le long de l’histoire nous voguons entre le sentiment que Barrons aide et utilise à la fois Mac, pour son profit personnel.

Concernant Barrons, on ne sait presque rien de lui. C’est terriblement frustrant car apparemment, sa véritable nature n’est révélé que dans le cinquième et dernier tome. Puisque c’est un des personnages principaux, avec Mac, cela permet de conserver une grande part de mystère concernant la mythologie mise en place par l’auteur. On découvre seulement que c’est un être atypique, qui se balade avec des vêtements d’un autre temps et un langage pour le moins pompeux. Mais qu’est-ce qu’il est charmant ! Il semble avoir un carnet d’adresse bien remplis de créatures imaginaires et peu engageantes, mais en fait-il vraiment partis ?

A propos de mythologie, celle-ci nous sera expliquée tout au long du roman au moyen du journal de Mac, et des nombreuses mises en garde de Barrons. Les bases de cet univers sont originales, ayant parfois une prise sur notre histoire religieuse. Le monde où va désormais évoluer Mac est particulièrement intéressant car il s’agit de créatures plus développées que dans d’autres histoires.

Par contre, je trouve que la rencontre de Mac avec Barrons est peu trop simple. Elle tombe par hasard sur sa librairie, et le propriétaire s’avère lui être d’une aide précieuse pour la suite de son aventure à Dublin. Ce qui découle que Barrons va l’emmener rendre de petites visites de courtoisie à trois des personnages non-humains, les plus influençant de la ville, en quête également du sinsar-duhb, afin d’utiliser les précieux dons de Mac. Toute cette cavalcade coupe un peu le récit, même si c’est une partie importante pour Mac la sidhe-seer, il me semble qu’avant la fin, tout est plus ou moins facile à régler.

Il est important de noter également qu’il n’y a pas une profusion de personnages à en perdre la tête, ce qui n’est pas le cas de certaines saga Bit-lit. Les nouveaux personnages secondaires, tels que les méchants que Mac et Barrons côtoient, sont présentés rapidement mais totalement : la description est très dynamique, retraçant le caractère du personnage en fonction de ses actions, tout en contant son passé.

L’écriture de Karen Marie Moning est particulièrement fluide et dynamique. Les personnages ont tous de forts caractères atypiques, ce qui aide. Ce que j’ai énormément appréciée c’est l’humour, qui est très présent, malgré une intrigue sombre. Je pense que sans ce point, le tome perd de son attrait, car l’aspect humoristique permet de relativiser.

Même si ce tome présente essentiellement les bases de la mythologie, et que l’enquête de Mac n’avance pas beaucoup, nous avons suffisamment de mystères pour avoir envie de nous plonger dans la suite. Qui, ont le sait, sera plus prenante car nous allons voir évoluer Mac et ses nouvelles facultés, et peut-être enfin en apprendre plus sur ce mystérieux et sombre Barrons…

En conclusion, j’ai vraiment adorée ce premier tome, même si il n’est pas parfait, on passe très facilement outre ses quelques petits bémols. Je me suis prise d’amitié pour Mac, j’ai eu envie plus d’une fois de l’aider et surtout de côtoyer Barrons, il faut l’avouer ^^.

La mythologie est innovante, et je suis vraiment curieuse de connaître les nombreuses péripéties qui ne manqueront pas d’arriver. De plus, ce premier tome, ne rends pas compte de la série, et la suite est encore plus fabuleuse, à ce qu’il paraît. Pour ceux qui pensent que ce n’est qu’une série parmi la vague de ce genre, je les détrompe, je peux vous assurer que vous n’aurez jamais rencontrée de Seelie – Unseelie, de sidhe-seer et encore moins de Barrons =)

  • Points positifs : une mythologie original et innovante, avec des prises sur l’histoire religieuse très intéressante, index à la fin qui aide pour le début de la lecture même si les termes sont expliqués au fur et à mesure par Mac dans son journal, l’humour, Barrons !!!

  • Points négatifs : certaines longueurs sur les actions de la vie quotidienne ou les vêtements de l’héroïne, des tournures de phrases qui reviennent un peu trop souvent, découverte des bonnes personnes un peu trop facilement, les obstacles se règlent sans anicroches

Extrait :

 » La situation en Faery est préoccupante, sidhe-seer, et à ce qu’il me semble, cela ne va guère mieux dans ton univers. Un certain nombre d’Unseelie des basses castes ont commencé à s’échapper de la prison où ils sont retenus depuis la nuit des temps. Malgré nos efforts pour localiser le point faible dans la trame dont nos mondes sont tissés, nous n’avons pas réussi à comprendre par où ils se sauvent.  » ( p. 221 )

L’auteur :

Karen Marie Moning est diplômée en droit. Ses romans ont été nominés à trois reprises pour les prestigieuses RITA Awards et The highlander’s touch a été élu en 2001 Meilleur roman d’amour paranormal. Son tout premier roman, Beyond the Highland mist, a reçu le prix Romantic Times du Meilleur Time-travel historique.

Tous les romans de Karen Marie Moning mettent en scène de séduisants highlanders, elle est d’ailleurs fan de la série télé du même nom. Ses intrigues utilisent sans modération la magie, les héros sont victimes de puissants enchantements ou sont eux-mêmes magiciens et lancent des sorts qui peuvent être lourds de conséquences.

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Quatre filles et un jean tome 3 – Le troisième été de Ann Brashares (édition Gallimard Jeunesse)

Résumé :

 » Rien ne sera plus comme avant. A la fin des vacances, Carmen, Tibby, Bridget et Lena devront se séparer, se rendre chacune dans une université différente. Plus que jamais, elles se raccrochent au symbole de leur amitié : le jean magique, témoin de leurs vies, témoin de ce troisième été qui s’annonce décisif…

Carmen voit s’effondrer ses belles certitudes. Après avoir découvert que sa mère lui cachait un incroyable secret, un charmant jeune homme lui fait prendre conscience qu’une jeune fille aimable et généreuse sommeil peut-être en elle…

Tibby se pose plus de questions que jamais. Sa petite sœur a frôlé la mort et elle se sent responsable de cet accident. Alors que la vie lui tend les bras, Tibby résiste au bonheur qui s’offre à elle…

Bridget pense avoir chassé ses vieux démons. Monitrice dans un camp sportif, elle est loin de se douter qu’elle y retrouvera le garçon qu’elle avait rencontré deux ans plus tôt : ses vieux démons…

Lena s’interroge sur son avenir. Son père ne comprend pas ses choix et tente de la faire renoncer à ses projets. Cet été sera pour elle une occasion unique d’affirmer sa véritable personnalité…

Plus émouvantes et drôles que jamais, les quatre filles nous entraînent une fois encore dans le tourbillon de la vie, une vie qui n’épargne personne, mais qui donne tant à ceux qui l’aiment…

Mon avis :

( attention risques de spoilers ! )

Hop là ! Me revoilà partie pour une relecture de ce troisième tome, afin de me plonger en toute connaissance des événements, dans le cinquième et dernier livre de cette saga.

Cela fait désormais trois ans que les quatre filles ont découvert le  »jean magique » dans le placard de Carmen et que leurs étés se passent éloignés les unes des autres, géographiquement certes, mais elles sont toujours présentes pour leurs amies.

Tibby est celle qui à le plus de mal à grandir, elle a peur que par leur changement de vie à l’université, elles ne s’éloignent. Mais lorsque sa petite sœur à un accident, elle se sent si coupable qu’elle est obligée de faire une rétrospective sur elle-même, afin d’aller de l’avant en affrontant ses peurs les yeux dans les yeux. Elle impose, comme souvent son rythme à Brian, en ne lui accordant au final, que peu de crédit. Elle ne sait pas réellement ce qu’elle veut, et ainsi fait des aller-retour sur ses choix.

Carmen doit faire face à l’arrivée d’un nouvel habitant au sein de sa famille. Elle qui pensait laisser un vide en partant à l’université, en vient à redouter ce moment, parce qu’elle pense que ses proches n’attendent que cela pour combler sa place. Elle va comprendre que les liens familiaux sont plus forts que la distance, par la rencontre avec Will, un jeune bénévole de l’hôpital. Celui-ci mais également Valia, la grand-mère Grec de Lena, vont tout deux apprendre à Carmen à écouter son cœur.

Bridget, monitrice dans le camp qui l’a accueillis deux ans auparavant, se voit obligée de passer l’été en compagnie d’Eric, le jeune homme qui l’avait brisée. Elle va tout d’abord se forcer à ne penser que stratégie et match, avant de comprendre qu’elle doit briser la glace. Ses sentiments sont mis à rude épreuve, lorsqu’elle apprends qu’Eric à une petite amie. Malgré tout, entre eux va se nouer une amitié bientôt plus ambiguë qu’elle ne l’aurait voulu. Nous constatons que Bridget a fait du chemin depuis le premier été, où elle fonçait tête baissée, là, elle prends le temps de réfléchir.

Et enfin Lena, doit prouver à son père qu’elle est faite pour le dessin. Il ne veut pas financer ses frais de scolarité dans l’école d’art de Rhode Island, car pour lui ce domaine ne peut fournir de  »vrai » métier. Ce que j’apprécie dans cette histoire, c’est que la peur des parents de voir leur enfant grandir, de les voir aller dans une voix qui leurs semblent trop grande, est développé avec le personnage du père de Lena. Car oui, les filles ont peur, mais les parents aussi, et ceci est également un point important à souligner ! De plus, par le fait que Lena doit montrer sa motivation, elle va devoir aller au fond des choses, et comprendre ce qu’elle veut vraiment.

Les préoccupations des quatre filles ont évoluées, elles se posent des questions sur elles-mêmes, sur leurs vies, leurs attentes. Elles foncent vers le monde adulte toujours en gardant une âme d’adolescente, et c’est cela qui les rendent proches de nous.

Le tome est peut-être un peu plus intimiste, afin d’entrer parfaitement dans l’esprit des héroïnes, qui veulent se sentir le plus proche possible de leur vie actuelle, avant d’entrer à l’université. L’écriture s’en ressent donc, notamment avec le dernier chapitre et surtout l’épilogue où l’une des quatre filles prends la parole. Une nostalgie particulière s’en dégage puisque s’est la dernière fois où elles sont ensemble avant le grand saut dans l’inconnu.

  • Points positifs : les règles du  »jean magique », l’évolution réaliste des personnages ainsi que les personnages secondaires

Extrait :

 » Elle pensait avoir tiré une leçon de l’accident de Katherine. Une leçon qui disait : «  N’ouvre pas, ne grimpe pas, n’essaie pas et tu ne tomberas pas « . Mais ce n’était pas ça du tout ! Elle avait tout compris de travers !

Du haut de ses trois ans, la petite Katherine lui enseignait exactement l’inverse : «  Essaie, tends la main, désire, tu risques de tomber mais, même si tu tombes, tu t’en remettras. «

Remuant ses pieds sous les couvertures, Tibby réalisa qu’une autre leçon encore en découlait : «  Si tu n’essaies jamais, bien sûr tu ne risques rien, mais autant être morte. «   » ( p. 240 )

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Quatre filles et un jean tome 2 – Le deuxième été de Ann Brashares (édition Gallimard Jeunesse)

Résumé :

 » Les vacances approchent. Carmes, Tibby, Bridget et Lena s’apprêtent à ressortir le jean magique, symbole de leur amitié et témoin de leurs aventures. Cette année, l’été s’annonce cependant bien différent…

Carmen reste à Washington avec sa mère : crises et turbulences en perspective…

Tibby part suivre un stage de cinéma en Virginie mais, même derrière la caméra, ses souvenirs vont la rattraper.

Bridget, qui traverse une crise existentielle, décide de se réconcilier avec son passé en rendant une visite surprise à sa grand-mère.

Lena, dont le cœur n’est jamais vraiment revenu de Grèce, va percer des secrets de famille insoupçonnés.

De surprises en émotions, de rires en larmes, les quatre filles vont une nouvelle fois faire l’expérience de la vie et l’affronter avec courage, humour et détermination.  »

Mon avis :

( attention risques de spoilers ! )

Nous retrouvons donc les quatre filles un an plus tard, au début de leur vacances d’été.

Carmen reste à Bethesda, et après avoir acceptée les nouveaux projets de vie de son père ainsi que de sa belle-famille, elle doit désormais compter sur une nouvelle donnée dans l’équation qu’est la vie de sa mère. Une nouvelle épreuve pour elle, qui ne sait pas se taire et essaie par la suite de tout faire pour réparer ce qu’elle aurait pu éviter. Son caractère de cochon, elle le reconnaît et cela l’a rend attachante, car c’est un défaut comme nous en avons tous un, qui nous colle aux baquettes.

Tibby, quand à elle part faire un stage de cinéma, mais même loin de Bethesda le souvenir de Bailey est encore bien présent. Ce dernier point donne de la force à Tibby, qui devient meilleur pour faire honneur à son amie. Avec elle, Brian prends plus de profondeur et j’ai pris plaisir à le découvrir plus, surtout à travers le regard parfois tranchant de Tibby, mais si touchant, qu’elle ne se rends pas compte de tout ce qu’il représente pour elle. Avec ce personnage est développé l’importance de l’aspect physique chez les adolescents, ainsi que les préjugés.

Lena traverse une période de flou, où ses sentiments et sa raison se battent en duel pour lui donner des réponses encore plus abstraites et contradictoires. C’est auprès de sa mère qu’elle va trouver ce qu’il est raisonnable de faire. Celle-ci a travers son passé, lui montre quels sont les bons choix.

Bridget, tente de se retrouver et de savoir qui elle veut devenir vraiment, en partant à la recherche de ses racines, chez sa grand-mère maternelle. Elle nous prouve que l’héritage même si il ne se voit pas, est toujours présent. Il est difficile de se défaire de sa famille, car pour se comprendre il faut connaître son lignage. Avec elle, nous en apprenons donc plus sur le passé de sa mère et ainsi sur le présent de Bridget, ce qui donne un nouveau souffle à l’histoire.

Elles ont toutes les quatre bien changées, mais restent authentiques et fidèles a leurs amies. Nous assistons à leur évolution, entre échecs et réussites, qui façonnent leurs personnalités de futures adultes. Tout cela au travers de situations réalistes, qui font que l’on s’attache particulièrement à ces quatre filles, qui peuvent beaucoup nous ressembler.

L’histoire est parfaitement dans la continuité du premier tome, avec les conséquences de ce qui c’est passé l’été précédant, mais également durant l’année. Concernant ce dernier point, l’auteur, au détour de petites phrases nous conte les événements que nous avons manqués, sans jamais traîner en longueur et cela s’insère précisément là où nous en avons besoin. Les personnages secondaires tels que Brian et les mères des quatre filles prennent de l’ampleur. J’ai aimée comprendre ses protagonistes qui ont chacun à leur façon une incidence sur la vie des héroïnes.

Je prends toujours autant de plaisir à redécouvrir cette saga, qui me fait passer un jolie été, même si le soleil n’est pas forcément au rendez-vous. C’est le genre de livre qui, dès que vous le lisez, vous apporte réconfort, douceur et vous prouve qu’il y a toujours une solution quelque part, que même contre la fatalité il faut relever la tête et se battre pour ce que l’on veut faire de sa vie.

  • Points positifs : le rappel des règles du  »jean magique » en début de roman, personnages  plus profonds, développement des personnages secondaires, intrigues du quotidien et partage de valeurs

Extraits :

 » Ils ne parlaient pas. Au rythme de sa respiration, elle savait qu’il ne dormait pas encore. Elle avait la gorge serrée.

Au début, quand elle l’avait connu, il y avait de longs moments de silence complet entre eux. Parfois, Brian parlait de Bailey. C’était toujours très dur pour Tibby. Finalement, elle lui avait demandé d’arrêter. Elle avait dit que, lorsqu’ils seraient ensemble et qu’ils se tairaient, ils sauraient tous les deux à qui ils pensaient.

Ce soir-là, dans cette petite chambre de campus, ils savaient tous les deux à quoi ils pensaient.  » ( p. 106 )

 » Elle se demanda comment elle aurait expliqué tout ça à Kostos si elle lui avait encore écrit de longues lettres, comme avant. Si ça se trouve, c’était juste le temps qui passait qui la rendait triste. Si ça se trouve, c’était la vie, c’était normal d’avoir le cœur lourd, parfois…  » ( p. 154 )

 » Il y a deux tragédies dans la vie. L’une est de voir ses désirs insatisfaits, l’autre de les voir satisfaits.  » George Bernard Shaw ( p. 253 )

 » Tibby adorait cette photo, mais c’était tellement dur de la regarder… Elle aurait été tentée de la glisser bien à plat entre deux livres, tout en haut de sa bibliothèque, et de ne plus y toucher. Mais elle se promit de ne jamais faire ça. Elle se promit de toujours l’afficher dans sa chambre, où qu’elle soit. Parce que Bailey avait compris ce qui était important dans la vie. Et, quand Tibby la regardait, elle était obligée de regarder la réalité en face.  » ( p. 351 )

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Quatre filles et un jean tome 1 de Ann Brashares (édition Gallimard Jeunesse)

Résumé :

 » Ma première s’appelle Carmen.

Elle est brune et trouve ses fesses un peu grosses. Très attachée aux gens qu’elle aime, elle se montre parfois d’une franchise désarmante. Elle a aussi un énorme problème avec son père…

Ma deuxième s’appelle Tibby.

Elle ne fait pas son âge, ne s’habille pas très fille. Et si elle joue les rebelles, c’est pour mieux masquer sa grande sensibilité. Une rencontre inattendue va bouleverser sa vie…

Ma troisième s’appelle Bridget.

Elle est blonde, sexy, sportive, volontaire, mais au fond si vulnérable. Quand elle veut quelque chose, elle l’obtient. Surtout s’il s’agit d’un garçon. Au risque d’aller trop loin…

Ma quatrième s’appelle Lena.

Elle est brune, superbe. Timide et farouche, elle refuse souvent d’écouter ce que lui dit son cœur. Mais le soleil de Grèce va réveiller en elle des sentiments inconnus…

Mon cinquième est un jean.

Symbole de leur amitié, il va passer de fille en fille ? Il les accompagnera le temps d’un été, un été qui changera leurs vies pour toujours.

Mon tout est un roman drôle, sensible, intelligent, où se mêlent subtilement les voix de quatre adolescentes qui rient, souffrent parfois, grandissent et nous séduisent…  »

Mon avis :

C’est l’histoire de quatre filles, quatre meilleures amies, qui pour le premier été de leur vie, vont se retrouver séparées. La veille de leur éloignement, elles découvrent dans le placard de Carmen, un jean tout simple, mais qui va à merveille à chacune d’elles. Il sera leur moyen de communication pendant l’été.

Tibby, est la seule des quatre filles à rester à Bethesda, leur petite ville dans le Maryland. Elle travaille dans le supermarché du coin, et espère faire un film humoristique sur son entourage. Elle rencontre Bailey, qu’elle prends d’abord pour une sale gamine de 12 ans, mais elle va très vite découvrir qui ce cache derrière cette carapace. C’est le point centrale du livre, qui va faire grandir Tibby et lui faire prendre conscience que la vie peut-être très courte…

Carmen, pense passer un été avec son père, mais elle va déchanter lorsqu’il lui dévoile ses nouveaux projets de vie. Cette histoire est très touchante, car on sent l’impuissance du père face aux réactions d’une adolescente.

Bridget, part en Californie, dans un camp de football, où elle y rencontre le charmant Eric, l’un des moniteurs. Sa manière de voir les choses,  »je le veux, je l’ai », est assez déconcertante. Mais derrière cette forte tête, que rien ne semble atteindre, ce cache une petite fille qui voudrais qu’on la prenne au sérieux.

Et enfin, Lena part en Grèce chez ses grands-parents paternels, où elle rêve de soleil et de peinture. Mais un événement va chambouler ses vacances pour le pire selon elle, mais bientôt pour le meilleur ! Je me suis beaucoup retrouvée en elle, dans sa timidité maladive, dans ses troubles et autres actions maladroites.

J’ai lu cette saga il y a quelques années désormais, et j’avais tout aimée ! L’écriture simple mais empreinte à chaque mot de la fragilité des adolescents, mais également les forts traits de caractères dont l’auteur dote ses personnages, qui associés donne le savoureux mélange qui caractérise toute jeunesse. Les dialogues parsèment agréablement le récit, et donnent une fluidité très plaisante, ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas un seul instant. Concernant ce point, le fait de changer très souvent de point du vue, jusqu’à deux ou trois par chapitre, permet d’être tout le temps dans l’action et de suivre de près les quatre filles.

L’histoire est parfois un peu bateau, mais l’intégration du  »jean magique » donne de l’originalité au roman, de plus toutes les situations évoquées sont du quotidien, ce qui fait que l’on peut facilement s’y identifier ainsi qu’aux quatre filles, qui ont des caractères aussi éloignés qu’elles sont proches. Les relations très fortes entres les protagonistes est un plus, nous prouve que l’amitié s’entretient et que les vraies amies seront toujours celles présentes dans les pires comme dans les meilleurs moments…

J’ai voulu relire cette saga, en prévision du tome 5. Je me souvenais de toute l’histoire, et même si j’ai grandis, j’ai aimée retrouver les quatre filles et leurs interrogations.

L’auteur aborde des sujets graves sur fond de vacances d’été et de soleil, mais cela est d’autant plus flagrant que ce sont des adolescents qui découvrent ces difficultés pour la première fois et en ressentent de façon décuplés les conséquences.

Je pense que même si on a passé l’âge des protagonistes, ce roman vous fera remonter le temps et peut-être comprendre vos enfants, si avez des adolescents à la maison. Parce que outre les histoires de filles, ce roman est un condensé de la vie des jeunes d’aujourd’hui, où les parents y ont leurs places. D’ailleurs les personnages adultes du roman, sont assez développé pour que l’on ressentent leurs soucis et leurs joies face aux changement dans la vie de leurs enfants.

De plus c’est une lecture parfaite pour l’été, qui vous fera sourire et pleurer… Comme la vie, en définitif…

  • Points positifs : le point de vu change très souvent ce qui permet d’être tout le temps dans l’action, les citations en début de chapitre qui résonne comme un mantra, les caractères très différents des quatre filles mais en même temps si semblables que chacune d’entre nous peut se retrouver en elles

  • Points négatifs : Je n’arrive pas donner de points négatifs à une saga qui à baignée mon adolescence, qui me fait revivre ses heures là et qui a participé à ma passion de la lecture  !!!

Extraits :

 » L’amour, c’est comme la guerre. On sait quand ça commence, jamais quand ça finit.  » Proverbe ( p. 66 )

 » Et il était assez beau pour la rendre méfiante.

D’accord, Lena se méfiait de beaucoup de choses. Mais particulièrement des garçons. Elle les connaissaient bien : pour eux, il n’y avait que le physique qui comptait. Ils vous faisaient croire que vous étiez amis pour gagner votre confiance et, dès que c’était fait, en avant le pelotage ! Pour attirer votre attention, ils vous racontaient qu’ils voulaient bosser leur histoire avec vous ou donner leur sang pour votre association mais, dès qu’ils avaient compris que vous ne vouliez pas sortir avec eux, brusquement, ils se fichaient complètement du Moyen Age et la dramatique pénurie de sang.  […] Lena préférait les garçons quelconques à ceux qui étaient un peu trop mignons. Et encore, même les plus quelconques la décevaient parfois.  » ( p. 68 – 69 )

 » Des fois, t’es le pare-brise ; des fois, le moucheron.  » Mark Knopfler ( p. 118 )

 » Si tu as l’impression de maîtriser la situation, c’est que tu ne roules pas assez vite.  » Mario Andrettr ( p. 132 )

 » Le problème, ce n’est pas le problème. Le problème, c’est votre façon de réagir face à ce problème.  » ( p. 143 )

L’auteur :

Ann Brashares est née au Etat-Unis. Elle passe son enfance dans le Maryland, puis part étudier la philosophie à l’université de Columbia, à New-York.

Pour financer ses études, elle travaille pendant un an dans une maison d’édition et finalement, comme le métier d’éditrice lui plaît tellement, elle ne le quitte plus. Très proche des auteurs, elle acquiert une solide expérience dans l’écriture. En 2001, elle décide de s’y consacrer à son tour, et c’est ainsi qu’est né Quatre filles et un jean, son premier roman.

Aujourd’hui, Anna Brashares vit à Brooklyn avec son mari et ses trois enfants.

Elle avoue qu’il y a un peu d’elle dans chacune des quatre filles de son roman. Et à la question  » Votre livre contient-il un message ?  », elle se contente de répondre :  » S’il en contient un, c’est le suivant : aimez-vous comme vous êtes et soyez fidèles à vos amis.  »

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L’enfant des cimetières de Sire Cédric (édition France Loisirs)

Résumé :

 » Quand l’horreur sonne à votre porte et que les démons deviennent réalité… Êtes-vous prêt à ouvrir le livre de vos nuits blanches ?

Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort.

Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David. Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ?

Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable..  »

 

Mon avis :

Le récit commence par la découverte d’un meurtre perpétré par un fossoyeur, Raymond Mendez, sur sa propre famille. Celui-ci, visiblement pris d’une crise de folie, tue au fusil à pompe son épouse et ses deux enfants, avant de se donner la mort.

David, photographe de presse, est appelé par sa collègue, Aurore, afin de couvrir cette affaire. Il n’est pas particulièrement  »enthousiasmé », comme sa collaboratrice, à la perceptive de cette enquête, qui fera la une de leur journal.

Ce binôme est d’ailleurs une véritable antithèse. D’un côté, Aurore, journaliste exubérante et prête à tout pour pondre un bon article. D’un autre, David, tiraillé depuis des années par ces rêves d’artiste photographe, et la vie pratique, à savoir faire vivre son foyer, par un métier plus stable.

Le lendemain, sa femme, se retrouve au cœur d’une prise d’otage, par le neveu de Raymond Mendez, où elle trouvera la mort.

Nous suivons, donc l’enquête policière mené par le fameux commandant Vauvert, d’une part, et de l’autre celle engagée par David, assoiffé de vengeance, qui entraîne sa collègue avec lui.

Les deux protagonistes ne savent pas encore qu’ils vont pénétrer dans un monde où le surnaturel est parfois plus plausible qu’on ne le croit, et que les légendes urbaines cachent toujours une part de vérité… C’est la lutte du bien contre le mal…

Que dire de cette lecture ? J’ai ADOREE ! Ce livre était dans ma PAL depuis quelques années maintenant, je dois bien l’avouer. Depuis, l’engouement pour cet auteur n’a fait que grandir, et je me suis dit qu’il fallait que je me fasse mon propre avis. C’est chose faite, et j’ai n’ai qu’une hâte : me plonger dans un autre de ses livres !

Tout d’abord, parlons de l’histoire. Celle-ci est particulièrement bien menée, puisque dès le début nous sommes plongés dans l’horreur, et là, les événements s’enchaînent, les temps morts sont inexistants, selon moi, car les interrogations sont toujours présentes. Jusqu’à la fin, nous sommes transportés dans ce monde de magie, de sang et de violences. Moi qui aime beaucoup les récits fantastiques et bit-lit, celui-ci est à part, puisque c’est un policier traitant d’une légende urbaine. C’est aussi la lutte du bien contre le mal, de la lumière contre les ténèbres ( d’ailleurs le lexique autour de cette notion est extrêmement bien fournis ).

Ensuite, nous avons des personnages caricaturaux : le commandant Vauvert, brut mais profondément gentil. Le journaliste fouineur, voulant venger la mort de sa femme, qui est douce et charmante. La collègue, amoureuse de son binôme. Seul, l’enfant des cimetières donne une touche d’originalité dans ses caractères. C’est un adolescent, le mystère autour de lui est encore plus prenant étant donné que c’est le seul protagoniste qu’on ne déchiffre pas comme de l’eau de roche.

Et enfin le style d’écriture. Sire Cédric, un ovni ? Oui !!! Non mais qu’est-ce que c’est que ce prologue à couper le souffle ?! A l’origine, comme dit dans les remerciements, il a été écrit bien avant, pour l’artbook  »Ombres et lumières », sur la peinture de Jean-Marc Dauvergne. Je tire mon chapeau à l’auteur qui a su recréer un monde à partir d’une nouvelle déjà existante, une histoire qui s’insère parfaitement avec le début, une fin très cohérente qui nous fait comprendre le prologue. Niveau défi littéraire, il n’y a pas mieux ! Les scènes de violences sont rédigées avec une plume d’une extrême finesse, le lecteur arrive sans aucun mal à visualiser jusqu’aux plus petites taches de sang, la tension est amenée par petite touche, pour finir en explosion. J’ai plus d’une fois eu du mal à fermer l’œil le soir, suite à ma lecture ( je suis une poule mouillée, il faut le dire ! ).

Seul petit bémol, la fin est peut-être un peu positive pour un livre si noir et d’une telle intensité.

Pour finir,  »L’enfant des cimetières » est un roman envoûtant, où se mêle enquête policière, légende urbaine, violence primitive et extatique.

PS : vous ne regarderez plus les ombres de la même façon… A bon entendeur.

  • Points positifs : le prologue magnifique, le personnage de Nathaniel est fascinant

  • Points négatifs : personnages caricaturaux, une fin un peu trop positive pour un livre si noir

Extraits :

 » Une silhouette féminine crève la surface des eaux – dans un jaillissement d’embruns – et s’élève dans les airs.

Elle monte jusqu’au cœur de l’orage, lumineuse, seulement vêtue d’une robe d’écume qui scintille de diamants. Avec sa chevelure déployée et son rire mélangé à la fureur des éléments, elle chevauche les nuages noirs qu’elle a invoqués pour couvrir son escapade.

Dans la langue des hommes, on la nomme Naemah.  » ( p. 11-12 )

 » C’était le genre de choses dont on entendait parler aux informations nationales, mais qui ne se produisaient jamais aussi près de chez soi.  » ( p. 24 )

 » David la pressa contre lui, s’emplissant de son impossible présence, comprimant ses courbes merveilleuses sous ses mains, pour ne plus qu’elle s’échappe, jamais.

– Non. Je ne veux pas que tu t’en ailles.

Et il l’embrassa à nouveau. Il la serra de toutes ses forces, écrasant ses lèvres contre les siennes, décidé à lui faire mal pour lui prouver qu’elle était bien là, qu’elle était bien physiquement là, qu’une telle choses merveilleuses ne devait jamais changer.

Puis il sentit les larmes monter en lui, et il la lâcha, car c’était ainsi que cela devait se dérouler, et il savait qu’il ne pouvait l’empêcher. Il ferma les yeux. Pour ne pas la voir s’en aller. […]  » ( p. 514 )

L’auteur :

Sire Cédric a grandi dans un petit village de l’Aveyron.

Il a fait des études d’anglais entre Toulouse et les États-Unis puis travaillé quelques années dans le milieu de l’édition, du journalisme et de la traduction

Charles Baudelaire, Edgar Allan Poe, Stephen King et Clive Barker sont les auteurs qui l’influencent le plus, il a commencé à écrire durant l’adolescence et n’a jamais arrêté depuis.

Il a commencé par publier ses premiers textes au sein de divers magazines et anthologies durant les années 1990 et jusqu’au début des années 2000. Ses œuvres mélangent thriller, surnaturel et personnages décalés. Il se consacre aujourd’hui pleinement à l’écriture.

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Les lettres du mercredi de Jason F. Wright (édition City Poche)

Résumé :

 » L’histoire de Jack et de Laurel débute avec une lettre écrite pendant la nuit de leur mariage : «  Je te fais une promesse : je t’écrirai chaque semaine de notre vie… «  Jack tient sa parole et pendant 39 ans, tous les mercredis, il écrit à sa femme.

Après le décès du couple, ces lettres d’amour sont découvertes par leurs trois enfants, des adultes aux vie parfois compliquées. Alors qu’ils commencent à lire les centaines de missives, ils découvrent un incroyable secret de famille.

Un secret qui va les conduire à faire face à une vérité qui pourrait bouleverser leurs vies. Avec, à la clé, un formidable message d’amour.  »

 

Mon avis :

Nous entrons dans la vie de Jack et Laurel Cooper, propriétaire d’un bed and breakfast. Un matin, alors qu’ils viennent de se réveiller, Laurel s’effondre subitement et meurt d’une attaque. Jack, voulant demander de l’aide à une cliente habituelle de la maison d’hôte, perd l’équilibre et s’écroule sur le sol. Affaiblie par son cancer, il sait qu’il ne se relèvera pas. Il se laisse aller, et décède auprès de sa femme.

Leurs trois enfants, se retrouvent à l’occasion d’un week-end de deuil et de cérémonies religieuses, dans la pure tradition de l’Amérique puritaine.

Matthew, l’aîné, sous des dehors parfait, laisse se fissurer ce masque trop longtemps affiché. Nous le découvrons dans l’intimité d’un deuil, en proie à des doutes sur sa propre famille.

Samantha, rêvant d’être actrice, est policière dans sa ville natale. Elle mène une vie familial chaotique.

Et enfin, Malcolm, l’éternel enfant sauvage de la famille, reprendra pied brutalement dans les racines d’une vie qu’il a délaissée depuis deux ans. C’est ce protagoniste que nous suivront plus particulièrement que les autres.

Les personnages secondaires sont très présents également, entrelaçant leurs vies à celles des trois descendants de la famille Cooper. Ils sont tous plus touchants les uns que les autres.

On retrouve une ambiance  »Amérique bucolique », petit village où tout le monde se connaît, où les intrigues familiales sont l’affaire de tous.

J’ai trouvée ce livre par hasard, en librairie. Les critiques des journaux américains, décrivait ce livre comme un best seller, ayant émus l’Amérique !

Mais à la fin du roman, j’ai un avis plutôt mitigé. Sans avoir trouvée beaucoup de points négatifs, je n’ai pas particulièrement été transportée dans ce monde Américain, de plus j’ai découvert le secret de famille bien avant la révélation.

J’ai appréciée la quête des racines familiales, et les différentes façons que chacun a de réagir  face à ces aveux, mais certaines longueurs m’ont refroidis.

Les personnages sont profonds, ayants des traits bien définis, ce sont eux qui porte le roman. La fin est très spirituelle et philosophique, nous rappelant que la vie est courte, et qu’il faut vivre, et non se laisser happer par les difficultés rencontrées.

J’ai adorée les lettres de Jack, qui est un homme profondément bon avec des vrais valeurs.

Par contre, bien que l’aspect religieux soit intéressant, il est parfois trop présent, adoptant une fonction de documentation en prenant le pas sur le deuil des personnages, qui est, selon moi, la force du roman.

Le style d’écriture est simple, mais je pense que ce récit n’a pas besoin de fioritures littéraires pour exprimer des sentiments aussi forts que la perte de quelqu’un. A aucun moment l’auteur ne laisse ses personnages s’apitoyer, au contraire, une grande force se dégage d’eux, et c’est cela qui fait que ce roman est un exemple. De plus, pour décrire une atmosphère puritaine, généreuse et religieuse, la simplicité reste un atout.

En conclusion, un roman simple mais touchant, idéal en cette période. Pleins de bons sentiments, sans tomber dans l’eau de rose, des sujets entre religion, deuil et quette d’identité.

  • Points positifs : les personnages bien travaillés, les lettres de Jack, la fin

  • Points négatifs : certaines longueurs, l’aspect religieux trop documentaire à mon goût

Extraits :

 » Ils lurent certaines lettres doucement, pour eux-mêmes, et les remirent solennellement dans leurs enveloppes comme des dépouilles dans un cercueil. Ils partagèrent certaines avec les autres. […]

Certaines n’avaient jamais été postées, et les enfants imaginèrent qu’elles avaient été glissées sous l’oreiller de Laurel ou dans le roman qu’elle était en train de lire. Ils jugèrent que quelques-unes étaient trop intimes et renoncèrent à les lire jusqu’au bout. Ils les replacèrent silencieusement dans les piles.

Les lettres de Jack étaient écrites sur des feuilles blanches, des feuilles de cahier avec des lignes, des feuilles de carnet à spirales déchirées, du papier à lettres d’hôtels. Certaines étaient même griffonnées sur des serviettes. Matthew en trouva une agrafée à un billet et une autre écrite derrière  un prospectus annonçant l’arrivée de célébrités lors d’une avant-première spéciale, à Washington D.C., de Star Trek : le film.  » ( p. 119 – 120 )

 » Je vais t’écrire toutes les semaines. Peu importe que nous soyons à des kilomètres et des kilomètres l’un de l’autre ou que nous nous trouvions dans la même pièce, je vais t’écrire.  » ( p. 135 )

 » Donne moi une maison remplie d’enfants qui m’appellent maman, un homme qui m’aime et qui m’écrit un poème ou deux de temps en temps, et qui pourra me faire une balançoire comme celle-là, mes rêves deviendront alors réalité.  » ( p. 165 )

 » Le temps guérit tout.  » ( p. 368 )

L’auteur :

Jason Fletcher Wright est né dans le Missouri.

Quelques mois après sa naissance, le père de Jason a été transféré en Allemagne où ils vécurent jusqu’en 1975.

Wright a rencontré et épousé sa femme, Kodi Erekson Wright, en 1993, alors qu’il était étudiant à l’Université Brigham Young. Ils vivent maintenant avec leurs quatre enfants à Woodstock, en Virginie. En plus de ses romans, Jason a publié des éditoriaux d’opinion sur des questions allant de la pop culture à la politique. Ses articles ont paru dans plus de 50 journaux et magazines à travers les Etats-Unis.

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Les cendres froides de Valentin Musso (édition France Loisirs)

Résumé :

 » 1999. A la mort de son grand-père, Aurélien Cochet découvre que celui-ci aurait travaillé durant la guerre dans un lebensborn, une maternité nazie accueillant des jeunes femmes enceintes de membres de la SS.

Au même moment, dans un petit village de la Marne, une octogénaire sans histoires est retrouvée assassinée à la suite d’un cambriolage. Les gendarmes soupçonnent très vite une mise en scène, mais ils sont loin de se douter que cette retraitée est la victime indirecte, plus de cinquante après la fin de la guerre, de l’entreprise eugéniste nazie.

Aidé par une jeune universitaire, Aurélien Cochet va tenter de lever le voile sur le passé de sa propre famille. Cambriolage, menaces, agression… Rien ne l’empêchera de plonger au cœur d’un des programmes les plus mystérieux et les plus terrifiants du IIIe Reich. Quitte à mettre ceux qu’il aime en danger…  »

Mon avis :

Nous entrons dans la vie d’Aurélien, professeur de cinéma et d’art audiovisuel, en classe prépa, se retrouvant confronté, à la mort de son grand-père, de reconstruire un passé plus brumeux qu’il ne le pensait.

Peu de temps après, une octogénaire, du nom de Nicole Brachet, se fait assassiner lors d’un pseudo-cambriolage. Les gendarmes découvre bien vite que cette femme est morte à cause de ses actes, durant la seconde guerre mondiale.

Aurélien, dont son point de vue, est traité à la première personne, ce qui nous permet de suivre les événements historiques avec plus de sentiments, aidée d’Héloïse, une universitaire, va bientôt faire le lien entre ce meurtre et le passé de son grand-père, dans les lebensborns. Ces derniers sont des maternités sensés recueillir les enfants de couples allemands de la pure race aryenne, qu’ils offrent au IIIe Reich, mais également des femmes Françaises enceintes d’Allemands.

Nous suivons la progression de l’enquête, par la présence des deux policiers, Franck et Émilie, qui se cherchent et s’embrouille sans cesse, mais forment une équipe détonante. Pas d’histoire d’amour entre eux, c’est du passé ! ( pour une fois que les policiers ne se séduisent pas ! )

La fin est une explosion de surprises, que, pour ma part, je n’avais pas vu venir ! Je me suis laissée prendre au jeu, portée par l’enquête policière et celle, familiale et historique, d’Aurélien. Bien que certains événements soient amenés de manières un peu simple, à mon goût. Néanmoins, cela reste le seul point négatif que je puisse emmètre.

L’auteur précise bien qu’il n’y eu qu’un seul lebensborn en France, situé à Lamorlay, et donc que le village et la deuxième maternité ont été inventé pour les besoins du roman.

Le style d’écriture est particulièrement bien travaillé, sous des dehors simple. Les personnages sont finement esquissés, afin de les rendre attachants et proches de nous, dans leurs préoccupations, leurs manières d’envisager les choses. Chacun à quelque chose à apporter à l’histoire et les personnages secondaires sont aussi important que les protagonistes. Nous sentons que l’auteur à particulièrement réfléchis au sens de la vie, et à ses priorités, cela se ressent dans son écriture.

Valentin Musso se distingue aisément de son frère, tant dans le style, que dans le sujet d’écriture. De plus, je suis tombée sous son charme au salon du livre ! ( mon Dieu, ce que ces yeux sont à tomber ! Ajoutez à cela une voix grave et viril comme il faut et vous tombez dans les pommes ! )

  • Points positifs : l’aspect développé, les lebensborns, qui n’est pas un sujet habituellement traité en littérature, l’écriture historique qui n’est pourtant pas dénuée de sentiments, en la présence d’Aurélien, contant l’histoire de son point de vue.

  • Points négatifs : la 4eme de couverture en dit trop et certaines choses dans la fin, ont peut-être été bâclées, ou trop simples.

Extraits :

 » Les gens heureux n’ont pas d’histoires.  » ( p. 19 )

 » Les choses ne disparaissent pas si on les ignore ; une leçon d’apprise. Peut-être les leçons doivent faire mal pour qu’on les retienne pour de bon.  » ( R. J. Ellory, Seul le silence ) ( p 301 )

 » C’est une absurdité de croire que les sentiments seuls ont le pouvoir d’effacer les mensonges et les trahisons.  » ( p. 309 )

 » Le malheur peut vous détruire, petit bout par petit bout, plus sûrement que la folie, jusqu’à vous rendre étranger à vous-mêmes.  » ( p. 388 )

L’auteur :

Agrégé en lettres Classiques, il enseigne la littérature et les langues anciennes.

Sont premier roman s’intitule  » La ronde des innocents  », et a reçu le prix littéraire au sommet de Clusaz 2010.

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La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette (édition Le Livre de Poche)

Résumé :

 » « La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru avec tant d’éclat que dans les années du règne de Henri second « , et c’est bien sûr le théâtre de la brillante cour des Valois que se noue et se joue la passion de la princesse de Clèves et du duc de Nemours. Passion tacite, et qui ne s’exprime longtemps que par des signes : un portrait dérobé, la couleur d’un vêtement au tournoi, la soudaine émotion d’un visage. Passion tragique, aussi, dont la mort est la conséquence imprévue.

Si La Princesse de Clèves, lors de sa parution en 1678, est le livre le plus immédiatement commenté de son époque, c’est que, sans rompre totalement avec le roman antérieur, il y introduit le souci de vraisemblance et de brièveté qui caractérise alors la nouvelle, et concilie de manière neuve  narration et psychologie. Le premier roman d’analyse ? Certainement. Mais simplement, aussi, un grand roman sans romanesque.  »

Autre résumé :

 » « Je vais vous faire un aveu que l’on n’a jamais fait à un mari… «  Sincère, tourmentée, la princesse de Clèves ne parvient plus à taire ses sentiments. Elle brûle d’amour depuis trop longtemps pour le duc de Nemours, l’un des plus beaux fleurons de la cour d’Henri II. Son désir est ardent ! Désespéré ! Mais elle a juré fidélité à son époux, le prince de Clèves. Elle aspire au bonheur et ne peut brader sa vertu. Elle veut aimer sans trahir… Cruel dilemme ! Faut-il donc renoncer au monde ? Faire ainsi le malheur d’un mari et d’un amant ? La mort est-elle préférable aux affres de l’amour ? Du mariage au déchirement, de la pudeur au sacrifice… Madame de La Fayette exprime jusque dans ses plus impudiques silences la langue subtile de la passion.  »

Mon avis :

Depuis quelques temps je me suis dit qu’il fallait que je lise plus de classique. Celui-ci s’est imposé à moi comme LA référence de tout mes professeurs de Français depuis la 6eme, sans que jamais je n’ai eu l’envie de m’y plonger plus que cela.

Nous découvrons une nouvelle venue à la Cour des Valois, sous le règne d’Henri second, en la personne de Mademoiselle de Chartre, jeune fille blonde au teint d’albâtre, qui attire les regards et les convoitises des hommes autant que des femmes.

Monsieur de Clèves, est le seul à oser la demander en mariage. Sur les conseils avisés de sa mère, elle accepte afin de voir sa réputation s’embellir de raison, malgré qu’elle n’éprouve qu’une sympathie teintée de respect, pour cet homme.

J’ai énormément apprécié ce dernier, ressentant une envie de le préserver des affres de l’amour, de le protéger et de lui donner ce que Madame de Clèves lui refuse. ( oui, j’ai succombé à son charme si doux  !!! )

Bientôt Monsieur de Nemours, provoque en elle un profond bouleversement. Celui-ci est attiré par Madame de Clèves, et c’est pour moi le personnage le plus ambiguë de la nouvelle, puisqu’il ne cessera de la courtiser, alors qu’elle est mariée, ayant surtout une renommée de coureur de jupons, entretenant de nombreuses liaisons. Malgré tout, nous sentons de véritables sentiments poindre dans son cœur, mais aucunes réponses concrètes ne sera apportée, ci ce n’est ces actes, qui dans un monde où les apparences sont de mises peuvent jouer contre lui, et contre nous.

La fin de l’histoire est tragique, mais comment un triangle amoureux peut avoir une issue autre ? Je trouve qu’elle convient parfaitement à l’univers instauré par l’auteur, aux profils des personnages, et au contexte historique et sociale de l’époque, qui est un aspect que l’on ne peut occulter.

L’écriture est tout en douceur, les longs apartés concernant les sentiments, et les tourments intérieur des personnages, notamment de Madame de Clèves, sont d’une sincérités envoûtantes, et donnent un accès de passion violente, que l’on n’a pas autrement dans la nouvelle. On se surprends à se mettre à la place de cette femme, se demandant quel choix nous aurions fais.

En ce qui concerne la partie  »Introduction », celle-ci est particulièrement bien rédigée et accessible. Indispensable afin de mieux appréhender la lecture, elle nous restitue le contexte historique et littéraire.

Elle nous apprends que Madame de Lafayette fait partie du mouvement littéraire des Précieuses, femmes écrivains qui veulent être considérées autrement, aimant l’amour courtois mais n’appréciant pas ses travers, tels que la jalousie, ou l’inconstance.

  • Points positifs : l’introduction, l’écriture de Madame de Lafayette, tout en lenteur piquée de folie passionnelle, l’ambiguïté du personnage de monsieur de Nemours, la jalousie légitime de monsieur de Clèves, et la folle passion de madame de Clèves, qui incarne ici un mythe de femme.

  • Points négatifs : la profusion de personnages de la Cour, que l’on nous nomme dans la 1ere partie, avec leurs qualités et leurs fonctions, que l’on oublie au fil de la nouvelle, de plus je trouve que ce n’est pas gênant en soi dans la lecture, de ne pas les connaître étant donné qu’ils ne sont que des témoins de l’histoire.

Extraits :

 » Les femmes jugent d’ordinaire de la passion qu’on a pour elles, continua-t-il, par le soin qu’on prend de leur plaire et de les chercher ; mais ce n’est pas une chose difficile, pour peu qu’elles soient aimables ; ce qui est difficile, c’est de ne s’abandonner pas au plaisir de les suivre ; c’est de les éviter, par la peur de laisser paraître au public, et quasi à elles-mêmes, les sentiments que l’on a pour elles. Et ce qui marque encore mieux un véritable attachement, c’est de devenir entièrement opposé à ce que l’on était, et de n’avoir plus d’ambition, ni de plaisirs, après avoir été toute sa vie occupé de l’un et de l’autre.  » ( p. 111 ) ( pour moi, ce paragraphe résume le livre )

 » Elle ne se flatta plus de l’espérance de ne le pas aimer ; elle songea seulement à ne lui en donner jamais aucune marque.  » ( p. 112 )

 » Je n’ose vous parler, je n’ose même vous regarder : je ne vous approche qu’en tremblant.  » ( p. 171 )

 » C’est pourtant pour cet homme, que j’ai cru si différent du reste des hommes, que je me trouve comme les autres femmes, étant si éloignée de leur ressembler.  » ( p. 184 )

  » Je vous adore, je vous hais, je vous offense, je vous demande pardon, je vous admire, j’ai honte de vous admirer.  » ( p 199 )

L’auteur :

Naissance à Paris, le 18 mars 1634, de Marie-Madeleine Pioche de La Vergne qui deviendra Madame de La Fayette.

En 1650, suite à la mort de son père, sa mère se remarie avec le chevalier Renaud de Sévigné, l’oncle de la Marquise de Sévigné. Celle-ci devient l’amie intime de Marie-Madeleine.

A 21 ans, elle épouse à Paris, le comte François de La Fayette, officier en retraite de 38 ans, et qui est veuf, d’une grande noblesse, mais sans argent. Ce mariage de raison, arrangé par sa mère, vaut à Marie-Madeleine une vie sans passion mais sans tragédie. Les époux adopteront un mode de vie qui les satisfaisant tous les deux : elle fréquentera les salons parisiens, tandis que le comte restera sur ses terres d’Auvergne.

Mme de La Fayette, parallèlement à sa vie de famille, puisqu’elle à deux fils, connaît une certaine renommée dans les milieux mondains. Elle se lie d’amitié avec Henriette d’Angleterre, la future duchesse d’Orléans. Elle côtoie Segrais, un poète qui entrera à l’Académie française en 1662.

Au mariage de son amie Henriette d’Angleterre avec Philippe d’Orléans ( Monsieur, frère du roi), elle accède au cercle des intimes du Palais Royal. Cette situation privilégiée lui permet d’observer les galanteries de la cour, qu’elle transposera ensuite dans ses écrits.

En 1662, publication de La Princesse de Montpensier, sous le nom de Segrais, puis vient en 1678, La Princesse de Clèves.

En1689, Madame de La Fayette compose la Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689. Cet ouvrage sera publié après sa mort.

Malade, Madame de La Fayette meurt le 26 mai 1693, « avec une piété admirable » comme l’écrit Racine.

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Minuit tome 1 – Le baiser de minuit de Lara Adrian (édition Milady)

Résumé :

 » LA LIGNEE EST PARMI NOUS DEPUIS TOUJOURS.

De puissants guerriers vampires mènent une guerre secrète contre les Renégats pervertis par la Soif sanguinaire.

Lucan Thorne est leur redoutable chef. Il a juré de protéger les siens, mais aussi l’humanité de la menace qui place sur eux. Une mortelle n’a pas sa place dans cette vie de combat… jusqu’à ce que Lucan rencontre Gabrielle Maxwell, photographe de renom. Témoin d’un crime atroce, la jeune femme est la cible des Renégats. Pour la sauver, Lucan n’a d’autres choix que de l’entraîner dans les profondeurs où il règne. Gabrielle est soudain confrontée à un destin extraordinaire où se mêlent danger, séduction et les plaisirs les plus sombres…  »

Mon avis :

Ce premier tome me remet doucement dans la bit-lit plus adulte de Milady, et ce pari est gagnant puisque ce roman est un véritable coup de cœur.

Un coup de cœur pour un premier roman de saga ? Oui parfaitement, puisque je me suis complètement immergée dans le monde créé par Lara Adrian : les deux protagonistes m’ont charmée, je me suis sentie très proche de Gabrielle, qui me ressemble énormément dans ses actions et sa manière de penser. Lucan est le type même du grand brun mystérieux, qui me fait craquer par ses nombreux démons intérieurs.

En ce qui concerne l’histoire, nous entrons dans le vie de Gabrielle Maxwell, photographe solitaire, inaugurant, avec ses amis, un nouveau night-club. Jusque là, rien de très spécial, mais lorsque Gabrielle tombe accidentellement sur la mise en scène d’un meurtre cannibale, les choses se compliquent.

La police n’accorde aucun crédit à ses supplications, mais mystérieusement elle envoie tout de même l’inspecteur Lucan Thorne, veiller sur elle.

Peu de temps après, elle découvre que ce bel homme n’est aucunement rattaché au corps juridique, mais qu’il appartient à un monde bien plus sombre et inexplicable pour elle : celui des vampires.

Parallèlement un groupe de ce que Lucan lui avoue être des vampires Renégats, la pourchasse.

Elle n’a d’autre choix que de suivre Lucan dans son sombre univers sous la surface. Nous suivons donc Gabrielle aux prises entre son désir pour Lucan, et l’acceptation de sa vraie nature de Compagne de Sang.

La fin de ce premier tome marque un tournant dans la vie des membres de l’Odre ( les guerriers combattant les Renégats ), puisqu’un gros méchant veut déchaîner le chaos ( ce que tout bon méchant ce doit faire ! ).

Le style d’écriture est fluide, le livre ce lit très rapidement, puisque Lara Adrian nous rends les personnages sympathiques, les scènes de sexe ne sont pas trop présentes et toutes justifiées, l’action ne se perds pas, et les bases de la mythologie sont parfaitement distillées où elle doivent être afin de nous faire comprendre le monde où les protagonistes évoluent.

Le titre fait référence à l’amour naissant entre Gabrielle et Lucan, mais l’expression est également utilisé par les membres de l’Ordre, pour parler de la mort des Renégats qu’ils tuent à l’aide d’une arme blanche emplit de titane, afin d’accélérer leur décomposition.

  • Points positifs : les bases de la mythologie sont parfaitement expliquées, le style est fluide, les scènes de sexe sont justifiées, et l’action ne perds son souffle à aucun moment, nous donnant envie de nous ruer sur le deuxième tome.

  • Points négatifs : je n’ai trouve pas, donc je vais avertir les lecteurs amateurs de bit-lit, que ce genre n’est aucunement de la jeunesse, qu’il faut, à mon goût, une certaine maturité pour ce plonger dedans.

Extraits :

 » Ou peut-être qu’elle avait rangé son cerveau dans sa culotte à la seconde où elle avait posé les yeux sur ce mec.  » ( p. 88 )

 » Lucan avait bien plus de charme en vrai, et il émanait de lui une impression de puissance innée, même lorsqu’il restait immobile et la considérait d’un regard noir, sans dire un mot, comme à l’instant.  » ( p. 338 )

 » Elle le regarda, le vit comme pour ce qu’il était vraiment : force sans âge, beauté sauvage, et pouvoir incommensurable.  » (p. 338 )

 » Il l’a figea d’un regard dur comme l’acier, la glaça d’un sourire.  » ( p. 341 )

 » Tu peux rire, vampire.  » ( p. 498 )

L’auteur :

Issue d’une famille dont les origines remontent aux passagers du Mayflower, Lara Adrian vit avec son époux sur le littoral de la Nouvelle-Angleterre, où elle écrit des histoires de vampires contemporaines et sombres, dans la vague bit-lit, Young-adult.

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Les mal partis de Jean-Baptiste Rossi (édition J’ai Lu)

Résumé :

 » Quel âge pouvait-elle avoir ? Elle lui paraissait très jeune mais Denis se trompait toujours lorsqu’il essayait de donner un âge à une figure inconnue. Et puis, pourquoi était-elle religieuse ? Sans doute, elle était pieuse et bonne, mais pourquoi était-elle religieuse avec un si joli visage ? D’ordinaire, les sœurs ne sont pas très jolies.  »

Ainsi pensait Denis, jeune élève de quatrième, lorsqu’il rencontra sœur Clotilde. Un amour fou, impossible, devait naître entre eux dès cette minute. Un amour qui devait aller jusqu’au don mutuel des corps et au rejet des vœux par la jeune religieuse.

Mais la société ne peut tolérer un tel manquement a ses règles, elle réagit sans pitié pour séparer ceux qui sont seulement coupable de s’aimer.  »

Mon avis :

Dans ce récit nous découvrons Denis, élève de quatrième, dissipé et seulement préoccupé par ses cours au collège, jusqu’au jour où, en se rendant à l’hôpital de sa ville avec sa classe, il rencontre sœur Clotilde.

Entre eux va se nouer une amitié, bientôt ambiguë.

Lui, ne connais rien à l’amour et ses tempêtes, emprisonné par un entourage familiale et éducatif, qui le bride par la religion.

Elle, ne connais de l’amour que celui envers le Christ.

Petit à petit, le besoin de se voir est plus fort que tout, les sentiments prennent de plus en plus de place. Mais ils leurs faut se cacher, les mentalités des populations sont trop ancrées dans le respect de la religion et ne peuvent penser accepter que deux personnes, telle qu’une religieuse et un jeune homme, puisse s’aimer.

Le roman traite de l’amour de plusieurs points de vues, celui des membres ancrées dans une communauté religieuse, comme cité plus haut. Mais également, du côté d’une personne voulant concilier les deux : l’amour et la foi, part le personnage de Clotilde. J’ai aimée cette diversité de points de vue, cela donne plus de matière à réfléchir pour se faire une opinion, ou se mettre à la place des protagonistes.

On trouve dans le récit, une contextualisation autour de la fin de la seconde guerre mondiale. Ces interludes, pour ma part, trop courts, développent la peur autour du personnage Allemand, qui sont humains, et essaient eux aussi d’échapper aux horreurs de la guerre, ou l’incompréhension des enfants, qui jugent la guerre comme un jeu.

L’écriture de Jean-Baptise Rossi est simple et fluide, très bien adapté à retranscrire les premiers émois de l’amour adolescents, malgré quelques répétitions.

La fin ouverte m’a laissée triste, comme abandonnée au bord de la route, puisque nous ne savons rien sur le futur des deux protagonistes, le lecteur peut donc tout imaginer, du plus triste au plus joyeux. Malgré cela, il est impossible de sortir de cette histoire sans une révolte dans le cœur, sans une envie de changer les choses… L’amour n’est pas un crime…

En résumé, j’ai énormément appréciée ce roman, qui m’a fait revivre mes premiers amours, pas si éloignés ! Je pense tout de même, que j’aurais été encore plus touchée, si j’avais lu ce livre étant plus jeune.

  • Points positifs : le tragique de la religion inséré dans le thème universel de l’amour, la fin énigmatique où rien n’est révélé et où le lecteur doit s’imaginer une suite ( que nous comprenons tout de même, par rapport aux mentalités des populations, peu amènes à laisser les deux protagonistes s’aimer librement ), et enfin les interludes ( trop courts ) sur la fin de la seconde guerre mondiale

  • Points négatifs : la narration parfois trop simple, répétitions et descriptions inutiles

Extraits :

 » C’est Denis qui me fais vivre. Ma mère ne m’a pas donné la vie. Elle m’a posée en face du monde et je suis restée dans les décors avec des tas et des tas d’autres, à regarder la scène sans rien comprendre.

Je l’aime. Je ne sais plus comment je l’aime, ni pourquoi je l’aime, ni combien je l’aime. Mais je l’aime. J’existe. Je me sens bien. Je me sens mal. Je me crois bonne ou je me crois mauvaise, mais j’existe. Est-ce que j’avais connu le remords avant Denis ? J’aime mon remords, il est bon, comme mon amour.  » ( p. 128 – 129 )

 » Je ne veux plus me moquer jamais des poésies pour cartes postales, ni des chansons d’amour, ni des cœurs gravés sur les arbres, je le sais maintenant, c’était nous.  » ( p. 169 )

 » Je ne veux pas dormir. On dort trop et on ne vis pas assez. Je veux prendre de ma vie tout ce que je peux, maintenant.  » ( p. 197 )

 » Elle s’arrêta sur la porte, sa chemise plaquée contre elle. Elle avait un sourire heureux, elle était à demie nue, elle était belle, elle était comme personne au monde.  » ( p. 198 )

L’auteur :

Devenu célèbre sous le nom de Sébastien Japrisot (anagramme) grâce à ses romans à suspense, Jean-Baptise Rossi est né en 1931, à Marseille.

Il écrivit  » Les mal partis  », en classe de philo et avoue avoir gardé une tendresse spéciale pour ce roman qui fut un best-seller aux Etats-Unis et est adapté au cinéma. Lors d’une réédition, en 1996, ce roman obtient le prix de l’Unanimité (décerné par un jury qui comprend Sartre, Aragon, Elsa Triolet, Adamov, Jean-Louis Bory, Robert Merle).

Il travaille ensuite dans la publicité, afin de gagner sa vie.

Cherchant à revenir à la littérature, il publie en 1991  »Un long dimanche de fiançailles » que couronne le Prix Interallié et que Jean-Pierre Jeunet adaptera au cinéma en 2004.

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Es-tu celle que j’aimais ? de Loïc Etienne (édition Prisma)

Résumé :

 » Soudain, entre deux voitures, à l’endroit où il ne l’attendait pas, il la vit passer de nouveau. Elle s’éloignait vers l’autre extrémité du carrefour. Durant quelques secondes, il put la détailler. Une robe courte découvrant des jambes fines. Les jambes de Marie. Il les avait si souvent caressées qu’il les aurait reconnues entre mille, même d’aussi loin. Il s’étonna toutefois de cette veste étrangement chaude pour être portée par une telle chaleur, et ce petit vélo blanc qu’il ne lui connaissait pas. Mais cette démarche souple qui soulevait légèrement ses cheveux à chaque pas était bien celle de Marie.

Et pourtant ce n’était pas exactement elle. Il eut soudain l’impression soudaine qu’il s’agissait de Marie, il y a… vingt-cinq ans !  »

Sur fond de drame sanitaire de la canicule à Paris en 2003, ce roman, sans cesse aux frontières du réel, aborde, avec une grande finesse d’analyse, la crise du milieu de vie, la nostalgie de la jeunesse enfuie et le rêve fou de revivre la passion amoureuse des débuts.

Mon avis :

Il y a plusieurs jours que j’ai achevé ce roman, et j’ai encore du mal à en parler. Il m’a laissée une impression de douceur et d’amour, mais une profonde tristesse également s’empare de moi lorsque je porte un regard plus reculé sur ce récit.

En ce qui concerne l’histoire, nous découvrons Antoine, lors de la canicule de l’été 2003, médecin dans un hôpital Parisien, marié à Marie, depuis plus de vingt-cinq ans.

Subitement, alors qu’il se trouve dans sa voiture, il voit, à un carrefour, une femme qui ressemble étrangement à sa compagne, mais lorsqu’elle avait 17 ans.

S’en suit alors un imbroglio de questions, qui pendant des années son restées sans réponses.

En parallèle à son envie dévorante de découvrir qui se cache derrière la jeune fille qui est le portrait craché de sa femme, il va tenter de trouver des explications sur le passé de son épouse, qui cache un profond secret de famille. Pour cela il va s’aider de sa peinture pour le moins abstraite et flou.

Pendant tout le récit, nous vagabondons entre la supposition qu’un phénomène paranormal se soit produit, ou la conviction qu’Antoine imagine sa femme en cette jeune fille, parce que le temps à une prise sur le corps et qu’il n’arrive pas à l’accepter.

Ce dernier thème nous donne donc matière à réfléchir, sur le fait que la jeunesse n’est pas éternelle, que les hommes, taraudés par le  »démon de midi », préfèrent ce détacher de leurs épouses, et succombent à la tentation. Cela peut paraître superficiel, mais l’auteur détourne le tragique de ce sujet, pour le recentrer sur l’amour éternel.

Néanmoins, la fin est tragique, puisque le couple n’a pas conscience qu’ils s’aiment en dépit de tout, même du temps et de l’espace. Les doutes seront donc toujours présents…

Cette histoire m’a fait penser à  »La fille de papier » de Guillaume Musso, dans le thème abordé, mais écrit de manière plus abstraite et contemporaine.

  • Points positifs : la peinture abstraite de Marie, le thème de l’amour éternel inconscient, la douceur et le tragique des mots

  • Points négatifs : l’intrusion un peu brusque dans la manière de gérer la canicule de 2003, par les médias et le corps médical

Extraits :

 » On souffre d’autant plus que l’amour est puissant et l’attachement profond, comme cette vie qu’on refuse d’abandonner jusqu’à son dernier souffle, non parce qu’elle est belle, mais parce que c’est la vie.  » (p. 60)

 » Il avait envie de la fondre en lui, de l’incorporer dans sa chair, dans son torse, de la faire couler dans ses veines jusqu’au fond de sa tête comme si elle était devenue une part de lui-même.  » (p. 85)

L’auteur :

Médecin urgentiste à Paris, Loïc Etienne est auteur d’un essai sur la médecine et d’un recueil de nouvelles.  » Es-tu celle que j’aimais ?  » est son premier roman.

Il est l’un des rédacteurs du Guide Vidal de l’automédication, et est également à l’origine du site Docteurclic.com.

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Embrassez-moi de Katherine Pancol (édition Le Livre de Poche)

Résumé :

 » C’est à New-York aujourd’hui. C’est à Rochester dans les années 1980. C’est à Hollywood… C’est à Paris… C’est en Tchéquie avant et après la chute du Mur…

Angela est française. Elle est souvent passée à côté de l’amour sans le voir mais cette fois, elle est face à sa peur viscérale d’aimer…

Louise est américaine, ancienne star de cinéma. Elle dialogue avec Angela, lui raconte sa vie, ses amours, ses échecs.

Virgile est français. Il aime, mais il se méfie, on ne sait presque rien de lui…

Mathias est tchèque. Rien ne peut le détourner de sa route. Il refuse de s’abandonner.

Ces femmes, ces hommes traversent le chemin d’Angela, la narratrice, qui cherche désespérément un fil. Le fil de la mémoire, de l’amour, du désir, de la liberté d’aimer ou de répéter sans arrêt les mêmes peurs, les mêmes douleurs, les mêmes échecs…  »

 

Mon avis :

En refermant ce livre, j’avais une boule dans la gorge, un malaise au creux du ventre et une douleur dans le cœur. Ce roman m’a prise au corps, littéralement…

L’histoire est celle d’Angela, que nous découvrons dans une maison de repos, vivant uniquement dans ses rêves, dialoguant avec les absents, en en oubliant les personnes réelles et surtout la vie réelle.

Une infirmière, la connaissant de part ses romans, lui propose d’écrire afin de la sortir de cet état de torpeur. Ainsi, chaque soir, cette jeune femme va apprendre à connaître la vie d’Angela, a travers les différents individus qui ont marqués sa vie.

On retrouve donc ses amies New-Yorkaises pour le moins superficielles, ancrées dans une vie professionnelle et un mariage qui les étouffent. La caricature de femmes dont les rêves sont mis entre parenthèses, contrairement à Angela qui vaque, et se construit par ses rêves, ses actions et ses amours.

Mais également, son amie Louise Brooks, ancienne actrice, qui incarne, paradoxalement, l’image de la femme fatale et de la douceur d’un foyer. Une mère de substitution pour Angela, elles se rejoignent par une enfance disloquée et une vie amoureuse chaotique, qui construisent leur personnalité au jour le jour.

La gente masculine est représentée par le meilleur ami de la narratrice, Virgile, une épaule sur laquelle pleurer, rire et se confier, mais parallèlement, on ne sait presque rien de sa vie. Lui, au contraire des autres, ne soliloque jamais, ne se perds pas dans des digressions sur ses sentiments, mais sur l’art qu’il aime par dessous tout. A trop intérioriser, ce personnage va finir au bords de l’implosion…

Dans tous les romans il y a ce protagoniste masculin, si vous savez, le grand brun ténébreux, fuyant et torturé… Ici, Mathias, l’incarne à la perfection ! C’est un tchèque de part ses origines, qui est venu en France, pour prouver au monde et surtout à lui même, qu’il est possible de réussir une vie dans un pays étranger, sans renvoyer l’image d’un  »immigré » exploité. C’est un personnage ambitieux et fière, qui ne se laisse pas aborder en profondeur. Constamment sur la défensive, la fuite, il est celui qui rends les filles folles ( moi la première ! ) sans le chercher.

Ils symbolisent avec Angela un couple complexe, fragile autant que fort. Une phrase de Mathias, résume parfaitement leur histoire :  » Tu ne comprends pas que ce que tu aimes en moi, c’est ce que je te refuse…  ». J’ai aimée leur couple, leur interrogations, parce qu’ils me semblaient humains…

A la fin du roman, nous comprenons donc la dépression d’Angela, et le début semble se rattacher à la fin, le tout formant un cycle.

En ce qui concerne l’écriture de Katherine Pancol, ce fût un réel bonheur de la retrouver : elle décrit la douleur, sans pathos, le bonheur, sans fioritures inutiles. Ses personnages sont toujours plus que ce qu’ils paraissent, et ses histoires nous apprennent toujours énormément sur la vie…

  • Points positifs : l’écriture forte et fragile, l’auteur sait parler d’amour pour tous les sexes, la fin tragique à souhait nous perfore le cœur, le personnage de Louise Brooks qui est à la fois une femme fatale et une figure de mère douce et aimante comme on en rêve, et enfin Mathias qui est l’homme que l’on veux toutes ! ( je suis tombée amoureuse de lui, moi aussi !)

  • Points négatifs : les nombreux épisodes de la vie de Louise qui nous perdent un peu chronologiquement ( mais qui s’insère parfaitement dans la vie d’Angela ), l’épisode de la panne d’avion, qui aurait pu peut-être être détournée.

Extraits :

 » Les gens qui ont les mêmes expériences sexuelles se le font comprendre par un regard.  » ( p. 74 )

 » L’amour, ce n’est pas un mot d’amour tous les matins, […] l’amour ne se dit pas, il se vit.  »

( p. 109 )

 » Tu ne comprends pas que ce que tu aimes en moi, c’est ce que je te refuse…  » ( p. 116 )

 » On n’apprend pas comment se conduire en amour.  » ( p. 134 )

L’auteur :

Katherine Pancole est arrivée à 5 ans en France.

Elle fait des études littéraire, puis  » au hasard d’une rencontre  », selon ses propres mots, devient journaliste. Plus tard un éditeur lui demande d’écrire un roman : ce sont les prémices de  »Moi d’abord », en 1979.

Suite à cela, elle part prendre des cours  » d’écriture de nouvelles, de romans et de scénarios  » à la célèbre Université de Columbia, à New-York.

Trois romans s’enchaînent  » La Barbare  »,  » Scarlett, si possible  » et  » Les hommes cruels ne courent pas les rues  ». L’écriture prends toute la place :  » Je découvre que c’est dur et que c’est facile, que le temps passe si vite ou si lentement. Que j’ai envie d’arrêter ou de ne jamais arrêter…  »

Sa manière d’écrire me fait penser au personnage de Joséphine dans son roman  » Les yeux jaunes des crocodiles »  :  » Mes journées se déroulent selon un rite immuable : lever, thé anglais, lecture des journaux, maison à faire tourner et papiers à remplir, promenade avec le chien Chaussette et enfin… seule, face à l’ordinateur, je retrouve mon autre monde, mon univers imaginaire avec des mots, des personnages, des idées qui volent dans l’air et que j’attrape. Ou pas. Certains jours, je les ramasse à la pelle, d’autres, je me lamente dans le désert !  »