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Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary-Ann Shaffer et Annie Barrows (édition 10/18) :

Résumé :

 » 1946, alors que les Britanniques soignent les blessures de guerre, Juilet Ashton, écrivain en manque d’inspiration, entreprend une correspondance avec les membres attachants d’un cercle de Guernesey. De confidences en confidences, la page d’un nouveau roman vient de s’ouvrir pour la jeune femme, peut-être aussi celle d’une nouvelle vie…  »

Mon avis :

Cela fait longtemps que le titre de ce livre m’avait attiré l’œil, mais je n’avais jamais osée franchir le pas en l’achetant et encore moins en le lisant. Cela aurait été une erreur, car j’ai vraiment aimée cette lecture toute en douceur !

Nous sommes en 1946, nous rencontrons Juliet Ashton, le personnage principal, romancière anglaise d’une trentaine d’années, qui a écrit pendant la guerre une chronique  »Izzy Bickerstaff s’en va-t-en guerre », dans un célèbre journal.

Malheureusement, Juliet n’a plus d’inspiration pour un autre livre. Bientôt une lettre d’un habitant de l’île de Guernesey, Dawsey Adams, qui après avoir retrouvé un exemplaire d’un livre de l’auteur Charles Lamb, appartenant à Juliet, lui demande si une librairie londonienne serait à même de lui trouver d’autres titres de l’auteur.

Petit à petit, Juliet découvre l’existence du Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey, ainsi que ses habitants que ce Cercle a aider à passer les heures les plus noires de la guerre.

Juliet essai au travers des lettres de glaner des informations sur le quotidien de ces insulaires pendant l’Occupation, afin d’en faire un livre. Mais la tâche est ardue, et elle va bientôt avoir envie de quitter Londres pour la paisible et bucolique île Anglo-Normande.

Le point central du livre est donc Juliet, qui effectue des recherches sur l’Occupation des insulaires. Avec elle est développé le monde de l’édition et de la littérature de l’époque ( pendant et après guerre ). Son meilleur ami Sidney est également son éditeur, ce qui favorise ce point de vu. Il y a également quelques références littéraires tels que les sœurs Brontë ou Jane Austen ! Bien que je pensais qu’il y aurait plus de conversation sur la littérature en tant que tel et de références, le monde littéraire est une façon d’entrer en matière et de comprendre au moyen des livres, la personnalité des habitants de l’île et leur ressenti face à l’état d’Occupation. Le Cercle leur a permis de garder un lien humain pendant la guerre, de rester soudés aux heures les plus noires.

Ce que j’ai appréciée dans ce récit est qu’il y a l’interversion de personne réprouvant complètement le Cercle et ses membres. La figure du personnage Allemands est également plus floue. Les points de vu sont donc tous présents, ce qui fournis un texte complet.

Les personnages secondaires sont nombreux, mais ils ont tous une personnalité et un caractère bien à eux, ce qui les dissocie et nous permet de trouver une figure à laquelle s’attacher, peut-être plus qu’aux autres. Il y a Isola, la bergère atypique et loufoque, Dawsey le réservé, Kit la petite fille tendre, ou encore Elizabeth la figure de disparue.

Chacun apporte un récit, une émotion, son intimité et son vécu bien à lui de l’Occupation. Les personnages nous apparaissent alors sous des jours nouveaux, ils se laissent ainsi devinés par leur récit de guerre.

En ce qui concerne la fin, je l’ai trouvée juste. Je ne m’imaginais pas quelque chose de complètement bouleversant, étant donné que la douceur prédomine la lecture de ce roman, même si le contexte est grave, car c’est la fin de la guerre, et que les habitants de l’île comme les autres doivent réapprendre à vivre. Elle arrive a point nommée, bien que je m’en sois doutée depuis un bon moment, nous laissant sur une note de confiance quand à l’avenir de nos personnages. On referme le livre sereins, sachant que nos héros sauront prendre soin les uns des autres…

Le format épistolaire est un très bon choix, selon moi, car les insulaires racontent eux-même leur expérience de la guerre, en utilisant la première personne, on entre vraiment dans leur cœur, et cela est d’autant plus émouvant. Les mots utilisés collent parfaitement à chaque personnalité, la lecture est rythmé car les personnages sont doué d’humour, et que l’on passe d’un personnalité à une autre, d’une histoire à une autre.

Ce roman est loin d’être larmoyant, même si il est émouvant, on se laisse porter par les lettres, d’une à l’autre nous voguons entre les habitants de Guernesey où chacun apporte sa pierre à l’édifice dans l’histoire de l’Occupation. De plus, même si certaines choses sont romancé, j’ai beaucoup appris sur l’île de Guernsey, et la situation de ses habitants pendant l’Occupation.

  • Points positifs : la petite Kit qui est adorable et pas toujours gentille avec les gens, le contexte traitée avec humour et philosophie, la douceur de Juliet, chaque personnages est importants et apporte sa pierre à l’édifice de l’histoire, tous les points de vus sont présents

  • Points négatifs : pas assez de référence littéraire et de discussion sur la littérature à proprement parlée, une fin peut-être prévisible ( c’est vraiment pour trouver un petit quelque chose à redire ) parce que, comme je l’ai dit, je ne vois pas d’autre fin

Extrait :

 » Et, quand je suis en haut des falaises et que je regarde la mer, je ne vois pas les affreux bunkers en ciment et la terre nue, sans arbres, dans mon dos. Ils n’ont pas réussi à saccager la mer.

Cet été, les ajoncs recommenceront à pousser autour des fortifications, et d’ici à l’année prochaine, les vignes vierges les recouvriront peut-être. Je l’espère. J’ai beau détourner le regard, je n’arriverai jamais à oublier comment elles sont arrivées là.

Ce sont les travailleurs de l’organisation Todt qui les ont construites. Vous avez sans doute entendu parler de ces prisonniers que les Allemands traitaient comme des esclaves, dans les camps du continent ; mais saviez vous qu’Hitler en avait envoyé seize mille dans les îles Anglo-Normandes ?

Il nourrissait le rêve fanatique de les fortifier afin que l’Angleterre ne puisse jamais les lui reprendre ! Ses généraux appelaient cela sa «  fièvre des îles « .  » ( p. 166 – 167 )

Les auteurs :

Mary-Ann Sheffer est née en 1934 en Virginie-Occidentale. C’est lors d’un séjour à Londres, en 1976, qu’elle commence à s’intéresser à Guernesey. Sur un coup de tête, elle prends l’avion pour gagner cette petite île oublier où elle reste coincée à cause d’un épais brouillard. Elle se plonge alors dans un ouvrage sur Jersey qu’elle dévore : ainsi naît sa fascination pour les îles Anglo-Normandes.  »Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » est son unique roman, écrit en collaboration avec sa nièce, Annie Barrows, elle-même auteur de livres pour enfants.

Mary-Ann Sheffer est décédée en février 2008, peu de temps après avoir appris que son livre allait être publié et traduits en plusieurs langues.

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Les lettres du mercredi de Jason F. Wright (édition City Poche)

Résumé :

 » L’histoire de Jack et de Laurel débute avec une lettre écrite pendant la nuit de leur mariage : «  Je te fais une promesse : je t’écrirai chaque semaine de notre vie… «  Jack tient sa parole et pendant 39 ans, tous les mercredis, il écrit à sa femme.

Après le décès du couple, ces lettres d’amour sont découvertes par leurs trois enfants, des adultes aux vie parfois compliquées. Alors qu’ils commencent à lire les centaines de missives, ils découvrent un incroyable secret de famille.

Un secret qui va les conduire à faire face à une vérité qui pourrait bouleverser leurs vies. Avec, à la clé, un formidable message d’amour.  »

 

Mon avis :

Nous entrons dans la vie de Jack et Laurel Cooper, propriétaire d’un bed and breakfast. Un matin, alors qu’ils viennent de se réveiller, Laurel s’effondre subitement et meurt d’une attaque. Jack, voulant demander de l’aide à une cliente habituelle de la maison d’hôte, perd l’équilibre et s’écroule sur le sol. Affaiblie par son cancer, il sait qu’il ne se relèvera pas. Il se laisse aller, et décède auprès de sa femme.

Leurs trois enfants, se retrouvent à l’occasion d’un week-end de deuil et de cérémonies religieuses, dans la pure tradition de l’Amérique puritaine.

Matthew, l’aîné, sous des dehors parfait, laisse se fissurer ce masque trop longtemps affiché. Nous le découvrons dans l’intimité d’un deuil, en proie à des doutes sur sa propre famille.

Samantha, rêvant d’être actrice, est policière dans sa ville natale. Elle mène une vie familial chaotique.

Et enfin, Malcolm, l’éternel enfant sauvage de la famille, reprendra pied brutalement dans les racines d’une vie qu’il a délaissée depuis deux ans. C’est ce protagoniste que nous suivront plus particulièrement que les autres.

Les personnages secondaires sont très présents également, entrelaçant leurs vies à celles des trois descendants de la famille Cooper. Ils sont tous plus touchants les uns que les autres.

On retrouve une ambiance  »Amérique bucolique », petit village où tout le monde se connaît, où les intrigues familiales sont l’affaire de tous.

J’ai trouvée ce livre par hasard, en librairie. Les critiques des journaux américains, décrivait ce livre comme un best seller, ayant émus l’Amérique !

Mais à la fin du roman, j’ai un avis plutôt mitigé. Sans avoir trouvée beaucoup de points négatifs, je n’ai pas particulièrement été transportée dans ce monde Américain, de plus j’ai découvert le secret de famille bien avant la révélation.

J’ai appréciée la quête des racines familiales, et les différentes façons que chacun a de réagir  face à ces aveux, mais certaines longueurs m’ont refroidis.

Les personnages sont profonds, ayants des traits bien définis, ce sont eux qui porte le roman. La fin est très spirituelle et philosophique, nous rappelant que la vie est courte, et qu’il faut vivre, et non se laisser happer par les difficultés rencontrées.

J’ai adorée les lettres de Jack, qui est un homme profondément bon avec des vrais valeurs.

Par contre, bien que l’aspect religieux soit intéressant, il est parfois trop présent, adoptant une fonction de documentation en prenant le pas sur le deuil des personnages, qui est, selon moi, la force du roman.

Le style d’écriture est simple, mais je pense que ce récit n’a pas besoin de fioritures littéraires pour exprimer des sentiments aussi forts que la perte de quelqu’un. A aucun moment l’auteur ne laisse ses personnages s’apitoyer, au contraire, une grande force se dégage d’eux, et c’est cela qui fait que ce roman est un exemple. De plus, pour décrire une atmosphère puritaine, généreuse et religieuse, la simplicité reste un atout.

En conclusion, un roman simple mais touchant, idéal en cette période. Pleins de bons sentiments, sans tomber dans l’eau de rose, des sujets entre religion, deuil et quette d’identité.

  • Points positifs : les personnages bien travaillés, les lettres de Jack, la fin

  • Points négatifs : certaines longueurs, l’aspect religieux trop documentaire à mon goût

Extraits :

 » Ils lurent certaines lettres doucement, pour eux-mêmes, et les remirent solennellement dans leurs enveloppes comme des dépouilles dans un cercueil. Ils partagèrent certaines avec les autres. […]

Certaines n’avaient jamais été postées, et les enfants imaginèrent qu’elles avaient été glissées sous l’oreiller de Laurel ou dans le roman qu’elle était en train de lire. Ils jugèrent que quelques-unes étaient trop intimes et renoncèrent à les lire jusqu’au bout. Ils les replacèrent silencieusement dans les piles.

Les lettres de Jack étaient écrites sur des feuilles blanches, des feuilles de cahier avec des lignes, des feuilles de carnet à spirales déchirées, du papier à lettres d’hôtels. Certaines étaient même griffonnées sur des serviettes. Matthew en trouva une agrafée à un billet et une autre écrite derrière  un prospectus annonçant l’arrivée de célébrités lors d’une avant-première spéciale, à Washington D.C., de Star Trek : le film.  » ( p. 119 – 120 )

 » Je vais t’écrire toutes les semaines. Peu importe que nous soyons à des kilomètres et des kilomètres l’un de l’autre ou que nous nous trouvions dans la même pièce, je vais t’écrire.  » ( p. 135 )

 » Donne moi une maison remplie d’enfants qui m’appellent maman, un homme qui m’aime et qui m’écrit un poème ou deux de temps en temps, et qui pourra me faire une balançoire comme celle-là, mes rêves deviendront alors réalité.  » ( p. 165 )

 » Le temps guérit tout.  » ( p. 368 )

L’auteur :

Jason Fletcher Wright est né dans le Missouri.

Quelques mois après sa naissance, le père de Jason a été transféré en Allemagne où ils vécurent jusqu’en 1975.

Wright a rencontré et épousé sa femme, Kodi Erekson Wright, en 1993, alors qu’il était étudiant à l’Université Brigham Young. Ils vivent maintenant avec leurs quatre enfants à Woodstock, en Virginie. En plus de ses romans, Jason a publié des éditoriaux d’opinion sur des questions allant de la pop culture à la politique. Ses articles ont paru dans plus de 50 journaux et magazines à travers les Etats-Unis.

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Es-tu celle que j’aimais ? de Loïc Etienne (édition Prisma)

Résumé :

 » Soudain, entre deux voitures, à l’endroit où il ne l’attendait pas, il la vit passer de nouveau. Elle s’éloignait vers l’autre extrémité du carrefour. Durant quelques secondes, il put la détailler. Une robe courte découvrant des jambes fines. Les jambes de Marie. Il les avait si souvent caressées qu’il les aurait reconnues entre mille, même d’aussi loin. Il s’étonna toutefois de cette veste étrangement chaude pour être portée par une telle chaleur, et ce petit vélo blanc qu’il ne lui connaissait pas. Mais cette démarche souple qui soulevait légèrement ses cheveux à chaque pas était bien celle de Marie.

Et pourtant ce n’était pas exactement elle. Il eut soudain l’impression soudaine qu’il s’agissait de Marie, il y a… vingt-cinq ans !  »

Sur fond de drame sanitaire de la canicule à Paris en 2003, ce roman, sans cesse aux frontières du réel, aborde, avec une grande finesse d’analyse, la crise du milieu de vie, la nostalgie de la jeunesse enfuie et le rêve fou de revivre la passion amoureuse des débuts.

Mon avis :

Il y a plusieurs jours que j’ai achevé ce roman, et j’ai encore du mal à en parler. Il m’a laissée une impression de douceur et d’amour, mais une profonde tristesse également s’empare de moi lorsque je porte un regard plus reculé sur ce récit.

En ce qui concerne l’histoire, nous découvrons Antoine, lors de la canicule de l’été 2003, médecin dans un hôpital Parisien, marié à Marie, depuis plus de vingt-cinq ans.

Subitement, alors qu’il se trouve dans sa voiture, il voit, à un carrefour, une femme qui ressemble étrangement à sa compagne, mais lorsqu’elle avait 17 ans.

S’en suit alors un imbroglio de questions, qui pendant des années son restées sans réponses.

En parallèle à son envie dévorante de découvrir qui se cache derrière la jeune fille qui est le portrait craché de sa femme, il va tenter de trouver des explications sur le passé de son épouse, qui cache un profond secret de famille. Pour cela il va s’aider de sa peinture pour le moins abstraite et flou.

Pendant tout le récit, nous vagabondons entre la supposition qu’un phénomène paranormal se soit produit, ou la conviction qu’Antoine imagine sa femme en cette jeune fille, parce que le temps à une prise sur le corps et qu’il n’arrive pas à l’accepter.

Ce dernier thème nous donne donc matière à réfléchir, sur le fait que la jeunesse n’est pas éternelle, que les hommes, taraudés par le  »démon de midi », préfèrent ce détacher de leurs épouses, et succombent à la tentation. Cela peut paraître superficiel, mais l’auteur détourne le tragique de ce sujet, pour le recentrer sur l’amour éternel.

Néanmoins, la fin est tragique, puisque le couple n’a pas conscience qu’ils s’aiment en dépit de tout, même du temps et de l’espace. Les doutes seront donc toujours présents…

Cette histoire m’a fait penser à  »La fille de papier » de Guillaume Musso, dans le thème abordé, mais écrit de manière plus abstraite et contemporaine.

  • Points positifs : la peinture abstraite de Marie, le thème de l’amour éternel inconscient, la douceur et le tragique des mots

  • Points négatifs : l’intrusion un peu brusque dans la manière de gérer la canicule de 2003, par les médias et le corps médical

Extraits :

 » On souffre d’autant plus que l’amour est puissant et l’attachement profond, comme cette vie qu’on refuse d’abandonner jusqu’à son dernier souffle, non parce qu’elle est belle, mais parce que c’est la vie.  » (p. 60)

 » Il avait envie de la fondre en lui, de l’incorporer dans sa chair, dans son torse, de la faire couler dans ses veines jusqu’au fond de sa tête comme si elle était devenue une part de lui-même.  » (p. 85)

L’auteur :

Médecin urgentiste à Paris, Loïc Etienne est auteur d’un essai sur la médecine et d’un recueil de nouvelles.  » Es-tu celle que j’aimais ?  » est son premier roman.

Il est l’un des rédacteurs du Guide Vidal de l’automédication, et est également à l’origine du site Docteurclic.com.

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Embrassez-moi de Katherine Pancol (édition Le Livre de Poche)

Résumé :

 » C’est à New-York aujourd’hui. C’est à Rochester dans les années 1980. C’est à Hollywood… C’est à Paris… C’est en Tchéquie avant et après la chute du Mur…

Angela est française. Elle est souvent passée à côté de l’amour sans le voir mais cette fois, elle est face à sa peur viscérale d’aimer…

Louise est américaine, ancienne star de cinéma. Elle dialogue avec Angela, lui raconte sa vie, ses amours, ses échecs.

Virgile est français. Il aime, mais il se méfie, on ne sait presque rien de lui…

Mathias est tchèque. Rien ne peut le détourner de sa route. Il refuse de s’abandonner.

Ces femmes, ces hommes traversent le chemin d’Angela, la narratrice, qui cherche désespérément un fil. Le fil de la mémoire, de l’amour, du désir, de la liberté d’aimer ou de répéter sans arrêt les mêmes peurs, les mêmes douleurs, les mêmes échecs…  »

 

Mon avis :

En refermant ce livre, j’avais une boule dans la gorge, un malaise au creux du ventre et une douleur dans le cœur. Ce roman m’a prise au corps, littéralement…

L’histoire est celle d’Angela, que nous découvrons dans une maison de repos, vivant uniquement dans ses rêves, dialoguant avec les absents, en en oubliant les personnes réelles et surtout la vie réelle.

Une infirmière, la connaissant de part ses romans, lui propose d’écrire afin de la sortir de cet état de torpeur. Ainsi, chaque soir, cette jeune femme va apprendre à connaître la vie d’Angela, a travers les différents individus qui ont marqués sa vie.

On retrouve donc ses amies New-Yorkaises pour le moins superficielles, ancrées dans une vie professionnelle et un mariage qui les étouffent. La caricature de femmes dont les rêves sont mis entre parenthèses, contrairement à Angela qui vaque, et se construit par ses rêves, ses actions et ses amours.

Mais également, son amie Louise Brooks, ancienne actrice, qui incarne, paradoxalement, l’image de la femme fatale et de la douceur d’un foyer. Une mère de substitution pour Angela, elles se rejoignent par une enfance disloquée et une vie amoureuse chaotique, qui construisent leur personnalité au jour le jour.

La gente masculine est représentée par le meilleur ami de la narratrice, Virgile, une épaule sur laquelle pleurer, rire et se confier, mais parallèlement, on ne sait presque rien de sa vie. Lui, au contraire des autres, ne soliloque jamais, ne se perds pas dans des digressions sur ses sentiments, mais sur l’art qu’il aime par dessous tout. A trop intérioriser, ce personnage va finir au bords de l’implosion…

Dans tous les romans il y a ce protagoniste masculin, si vous savez, le grand brun ténébreux, fuyant et torturé… Ici, Mathias, l’incarne à la perfection ! C’est un tchèque de part ses origines, qui est venu en France, pour prouver au monde et surtout à lui même, qu’il est possible de réussir une vie dans un pays étranger, sans renvoyer l’image d’un  »immigré » exploité. C’est un personnage ambitieux et fière, qui ne se laisse pas aborder en profondeur. Constamment sur la défensive, la fuite, il est celui qui rends les filles folles ( moi la première ! ) sans le chercher.

Ils symbolisent avec Angela un couple complexe, fragile autant que fort. Une phrase de Mathias, résume parfaitement leur histoire :  » Tu ne comprends pas que ce que tu aimes en moi, c’est ce que je te refuse…  ». J’ai aimée leur couple, leur interrogations, parce qu’ils me semblaient humains…

A la fin du roman, nous comprenons donc la dépression d’Angela, et le début semble se rattacher à la fin, le tout formant un cycle.

En ce qui concerne l’écriture de Katherine Pancol, ce fût un réel bonheur de la retrouver : elle décrit la douleur, sans pathos, le bonheur, sans fioritures inutiles. Ses personnages sont toujours plus que ce qu’ils paraissent, et ses histoires nous apprennent toujours énormément sur la vie…

  • Points positifs : l’écriture forte et fragile, l’auteur sait parler d’amour pour tous les sexes, la fin tragique à souhait nous perfore le cœur, le personnage de Louise Brooks qui est à la fois une femme fatale et une figure de mère douce et aimante comme on en rêve, et enfin Mathias qui est l’homme que l’on veux toutes ! ( je suis tombée amoureuse de lui, moi aussi !)

  • Points négatifs : les nombreux épisodes de la vie de Louise qui nous perdent un peu chronologiquement ( mais qui s’insère parfaitement dans la vie d’Angela ), l’épisode de la panne d’avion, qui aurait pu peut-être être détournée.

Extraits :

 » Les gens qui ont les mêmes expériences sexuelles se le font comprendre par un regard.  » ( p. 74 )

 » L’amour, ce n’est pas un mot d’amour tous les matins, […] l’amour ne se dit pas, il se vit.  »

( p. 109 )

 » Tu ne comprends pas que ce que tu aimes en moi, c’est ce que je te refuse…  » ( p. 116 )

 » On n’apprend pas comment se conduire en amour.  » ( p. 134 )

L’auteur :

Katherine Pancole est arrivée à 5 ans en France.

Elle fait des études littéraire, puis  » au hasard d’une rencontre  », selon ses propres mots, devient journaliste. Plus tard un éditeur lui demande d’écrire un roman : ce sont les prémices de  »Moi d’abord », en 1979.

Suite à cela, elle part prendre des cours  » d’écriture de nouvelles, de romans et de scénarios  » à la célèbre Université de Columbia, à New-York.

Trois romans s’enchaînent  » La Barbare  »,  » Scarlett, si possible  » et  » Les hommes cruels ne courent pas les rues  ». L’écriture prends toute la place :  » Je découvre que c’est dur et que c’est facile, que le temps passe si vite ou si lentement. Que j’ai envie d’arrêter ou de ne jamais arrêter…  »

Sa manière d’écrire me fait penser au personnage de Joséphine dans son roman  » Les yeux jaunes des crocodiles »  :  » Mes journées se déroulent selon un rite immuable : lever, thé anglais, lecture des journaux, maison à faire tourner et papiers à remplir, promenade avec le chien Chaussette et enfin… seule, face à l’ordinateur, je retrouve mon autre monde, mon univers imaginaire avec des mots, des personnages, des idées qui volent dans l’air et que j’attrape. Ou pas. Certains jours, je les ramasse à la pelle, d’autres, je me lamente dans le désert !  »

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Ensemble, c’est tout de Anna Gavalda (édition J’ai Lu)

Résumé :

 » Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, différents ? C’est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes… Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…  »

Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pus jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l’existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l’idée de mourir loin de son jardin.

Ces quatre-là, n’auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés… Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l’amour – appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu.

Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.

 

Mon avis :

Tout d’abord nous découvrons un à un les personnages, on les suit dans leurs vies, leur problèmes et leurs désespoirs. Puis soudain, une nuit d’orage, pouf, tout bascule ! Les différents protagonistes se bousculent, pour le pire, au début, mais bien vite pour le meilleur.

Ils vont se construire une famille, et faire mentir le vieux dicton.

Le livre est découpé en 5 parties, que l’on peut comparer à des actes d’une pièce de théâtre. L’histoire est linéaire, découverte des personnages, péripéties, et résolutions de ces dernières. Mais cela fonctionne, de part une écriture originale, incorporant différents styles de langages, permettant  de créer une identité propre aux personnalités des protagonistes.

Cette écriture, que j’aime qualifier de cinématographique, est simple et fournie à la fois, cela nous permet de nous identifier aux personnages.

Pour conclure, j’ai pris un plaisir immense à me plonger dans cette histoire d’amour, d’amitié, simple, et compliqué. J’ai même versée ma petite larme à la fin !

Le film : L’adaptation du texte est très bien retranscrit, d’ailleurs certains dialogues sont repris aux mots près. Le réalisateur, a très bien sut s’approprier l’humour de l’auteur, ce qui, pour moi, est un des points les plus compliqués.

Le jeu des acteurs donne une très bonne consistance aux personnages. Les couleurs sont parfois pastels, parfois puissantes, afin de coller aux mieux avec les sentiments que les personnages ressentent.

Pour moi, même si le livre est plus fort, l’adaptation cinématographique est réussis…

  • Points positifs : la douceur et la violence conjuguée de l’écriture, qui nous fait penser à une écriture cinématographique

  • Points négatifs : le passé de Camille, qui copie les tableaux de grands maîtres, peu probable

    ( et encore, ce n’est pas un point négatif, il a fallut que je me creuse les méninges pour en trouver un ! )

Extraits :

 » Et lui, là, ce grand crétin, ce péteux, ce vantard, ce petit matador de province avec sa grande gueule, sa grosse moto et son milliers de bimbos cochées sur la crosse de son pétard, oui, lui, là, ne put s’empêcher de rougir.  » ( p. 237 )

 » C’est à ça qu’on reconnaît les bons coups : aux garçons qui sont gentils avant même de songer à vous étendre.  » ( p. 257 )

  »  -Tu crois que c’est comme tes mines de crayons ? Tu crois que ça s’use quand on s’en sert ?

– De quoi ?

-Les sentiments.  » ( p. 540 )

L’auteur :

Anna Gavalda est née le 9 décembre 1970.

Elle grandit à la campagne, dans une ambiance bucolique, mais bientôt envoyée dans une école catholique pour jeune fille, elle en ressortira avec un besoin de libertés immense, plus que l’envie de continuer ses études.

En 1987, dans une salle d’examens, alors qu’elle est en train d’échouer au concours d’entrée de Sciences-Po, elle réige sa première nouvelle.

Elle fait une hypokhâgne au lycée Molière et obtient une maîtrise de lettres à la Sorbonne. Puis devient lauréate France Inter pour La plus belle lettre d’amour. Elle s’entraîne au travail de l’écriture en s’adonnant à des concours de nouvelles, afin d’améliorer et de trouver son style. Peu à peu, l’idée lui vient de tenter de se faire publier.  » Je  n’espérais même pas être publiée. Je voulais juste que l’on m’aide, que l’on me fasse des remarques sur mon travail. J’ai arrosé le Tout-Paris éditorial de mes photocopies. Je n’ai pas reçu un seul mot personne, que des lettres types. Puis j’ai envoyé mon manuscrit au Dilettante, dont j’aimais les couvertures. Deux jours après, Dominique Gaultier m’a appelée piur signer un contrat. C’est une belle histoire.  » Seule la maison d’édition La Dilettante, lui offre sa chance en diffusant son recueil de douze nouvelles intitulé  » Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part  ». Elle y décrit la société, s’inspire des gens qu’elle croise et auxquels elle ‘ pense pendant des heures voire des années  », selon ses propre mots. En 2000, elle reçoit le prix RTL – Lire, pour cette œuvre qui est d’ailleurs traduit dans 19 langues.  » Mon manuscrit a été refusé partout. Je ne m’attendais absolument pas à ce succès, mais je suis une fille assez fataliste, alors, je savoure.  », avoue-t-elle amusée.

Suite à cela, elle écrit son premier roman  » Je l’aimais  », dans une cellule de religieuse, en 2002.

Désormais, en parallèle à son métier d’écrivain, elle est chroniqueuse pour Elle Magazine et membre du jury pour le Prix de la bande dessinée d’Angoulême.

 » J’écris parce que je suis faite pour ça. Le bon Dieu m’a faite ainsi, et je m’incline modestement ! Je sais raconter des histoires, c’est mon eptit don à moi.  »  » [Mes personnages] sont plutôt des gens cabossés. J’aime quand la vie déraille un peu. En l’espace de peu de pages, il faut qu’ils changent. Ce ne sont plus les mêmes à la fin. J’ai de l’affection pour les gens qui ratent et qui le disent…  »

Coup de coeur de petit-rat-de-bibliothèque !